ROUGEOLE : Comment peut-on encore en mourir en 2009 ? (Part 2)
Actualité publiée le 04-02-2009
Pan-encéphalite sclérosante subaiguë (PESS)
Mais comment peut-on mourir de la rougeole en 2009, disait samedi dernier, dans un reportage du Journal télévisé, une mère de famille venant d’apprendre le décès d’une jeune fille de 12 ans, non vaccinée, dans une ville de Haute-Savoie. Comment ? De plusieurs façons…
• Parce qu’on a dit aux parents qu’il ne faut pas « trop vacciner » les enfants pour laisser leurs défenses immunitaires personnelles se mettre en place spontanément.
• Parce certains bons apôtres les mettent en garde, oralement ou sur des sites internet, contre les effets nocifs des vaccins et l’appât gain de l’industrie pharmaceutique.
• Parce que pour trop de familles encore, la rougeole est « une petite maladie bénigne de l’enfance », donc « c’est bénin sauf quand c’est grave », comme le disait maladroitement une récente campagne d’information du CFES (devenu INPES).
• Parce que certains jugent qu’on fait trop de vaccins aux enfants… alors que justement l’un des grands progrès ici est d’avoir développé des vaccins dits à plusieurs valences : jusqu’à 6 vaccins différents dans une seule seringue. Exemple : le ROR, qui permet de vacciner contre la rougeole, les oreillons et la rubéole.
• Parce que les campagnes d’information sont trop rares, trop espacées, oubliées des médias qui au profit d’effets d’annonce : vaccin anti-VIH, médicaments contre la maladie d’Alzheimer. La publication du calendrier vaccinal annuel ne fait plus la une.
• Parce que les vaccinations les plus récentes ne sont que recommandées ou conseillées, alors que certaines nécessiteraient une obligation avec décret au Journal officiel, vu que les familles et certains médecins ne prennent pas leurs responsabilités.
• Parce que couverture vaccinale d’un pays et circulation du virus (en l’occurrence) dans ce pays sont des notions inconnues, voire incomprises, du public. Dans cette triste affaire, elles ont été seulement évoquées par les médecins interrogés par les chaînes.
Et parce que, enfin, la rougeole n’est pas une maladie bénigne. C’est une maladie virale mortelle, et la mort survient le plus souvent en raison d’une terrible complication : la PESS, pan-encéphalite sclérosante subaiguë, qui détruit le cerveau. Elle se déclare plusieurs années après une rougeole, 8 ans en moyenne, avec un cas extrême, une jeune femme de 22 ans ayant eu la rougeole dans son enfance.
On guérit de la rougeole, en apparence, mais la réaction immunitaire n’élimine pas forcément le virus. Celui-ci se réfugie dans le système nerveux central et peut se réactiver pour une raison mal comprise, peut-être une baisse passagère de la veille immunitaire.
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller pour la santé publique, Santé log
Affiche- vignette INPES à télécharger sur : http://www.inpes.fr/
Lire aussi : ROUGEOLE : UNE COUVERTURE VACCINALE DE 95% permet l’éradication (Part 1)
Sur le Blog : ROUGEOLE en HAUTE SAVOIE : DECES d'une jeune fille de 12 ans non vaccinée
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 04/02/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|