Rougeole en Suisse : l’opinion s’inquiète
« Après un très léger recul entre le 6 et le 13 mai, le nombre de nouveaux cas est reparti à la hausse au cours de la semaine dernière. Selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), il s'est élevé à 104 ». Tel est le message d’alerte diffusé par l’Agence télégraphique suisse (ATS) le 26 mai.
A l’échelle de la Suisse, en effet, ce bilan est considéré comme une épidémie, d’autant qu’à cette date, selon le bilan diffusé par l’OFSP, 1 741 personnes avaient déclaré une rougeole depuis le début de l’année 2008.
Cette allure épidémique, due notamment à l’insuffisance de la couverture vaccinale de la Suisse (comme certains pays d’Europe mal vaccinés, telle la France), s’est manifestée en novembre 2006. En 2007 il y a eu 1 081 cas. On signale aussi des flambées de cas en Allemagne et en Autriche. Suisse et Autriche sont particulièrement vigilantes dans la mesure où ce sont les pays organisateurs de la Coupe d’Europe de football (Euro2008) !
L’OFSP a donc entrepris une campagne d’incitation à la vaccination ou au contrôle du statut vaccinal des personnes qui n’auraient pas les informations nécessaires sur une éventuelle vaccination par le passé. Ces conseils s’adressent surtout aux personnes de plus de 45 ans, qui n’ont pas bénéficié de cette vaccination, puisque celle-ci est devenue disponible après 1963. Même les sujets ayant contracté une rougeole et, en principe, immunisés « à vie », doivent faire vérifier leur statut vaccinal (vérification d’un taux d’anticorps protecteur), car leur protection naturelle peut s’affaiblir. La vaccination (2doses à un mois d’intervalle) a la même efficacité que la maladie en terme de protection… à vérifier quand même ultérieurement.
Cataloguée « petite maladie bénigne de l’enfance », voire même vécue par certaines familles comme « obligatoire » pour que l’enfant « fasse ses anticorps », la rougeole est une maladie virale parfois redoutable, avec ses complications respiratoires et, surtout, cérébrales aboutissant à la panencéphalite sclérosante subaiguë (PESS) qui, bien que rare, entraîne le décès. Elle peut se déclarer jusqu’à 20 ans après une rougeole infantile, par « réveil » du virus dans le cerveau (1).
Auteur : Jean-Marie Manus, Conseiller en santé publique Santé log
Publié le 26 mai 2008
(1) Information sur la PESS : http://www.loiseaubleu.org
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