ROUGEOLE in UK : Alerte, incidence en hausse
Actualité publiée le 04-12-2008
Vaccination :
L’alerte est donnée au Royaume Uni par la HPA, l’Agence de protection de la santé (Health Protection Agency), l’équivalent de notre InVS : on a compté 1 049 cas confirmés de rougeole en Angleterre et aux Pays de Galles à fin octobre, soit déjà plus que les 990 cas totaux confirmés de 990 cas.
En quelques années, selon les experts de la HPA, on a assisté à une augmentation sans précédent des cas de rougeole… et les rapports de cas continuent de parvenir à l’Agence. C’est ainsi que, selon le Dr Mary Ramsay (HPA), 1049 cas est le bilan le plus élevé enregistré en Angleterre et au Pays de Galles (hors Ecosse, donc) depuis la mise en place d’une méthode de recensement des cas en 1995 !
Explication simple : depuis dix ans, la couverture vaccinale de la rougeole ne cesse de se dégrader et de plus en plus de jeunes enfants sont exposés au virus de ce qu’on considère encore faussement comme une « petite maladie bénigne de l’enfance »… Le problème est que la vaccination anti-rougeole des enfants est classiquement associée aux vaccinations anti-oreillons et anti-rubéole : ROR en France, MMR au Royaume-Uni (measles, mumps, rubella). De ce fait, dit le Dr Ramsay, cela signifie que les enfants sont vulnérables non seulement à la rougeole aussi bien qu’aux oreillons et à la rubéole.
Comme d’autres pays européens mal vaccinés (France surtout), le Royaume-Uni n’est pas à l’abri d’une résurgence épidémique de rougeole. Selon un modèle épidémiologique étudié par la HPA pour la seule Angleterre, il existerait un risque d’émergence de 30 000 à 100 000 cas, en majorité à Londres et sa région.
Il y a dix ans, la vaccination contre la rougeole au Royaume-Uni subissait l’attaque d’une équipe médicale qui, publiant dans le Lancet, affirmait que la vaccination chez l’enfant était responsable de cas d’autisme. Cette étude entraîna une désaffection des familles pour la vaccination MMR, bien qu’une vaste étude menée au Danemark, des avis d’experts internationaux, le désaveu de l’équipe médicale vis-à-vis de son leader et celui du Lancet ait suffi à démontrer que le lien autisme-vaccin rougeole n’existait pas.
Un peu de la confiance envers le vaccin MMR est revenu, avec une proportion de 80 % d’enfants recevant au moins une dose vaccinale nécessaire à 2 ans, proportion inférieure de 15 à 17 % par rapport à la proportion recommandée par l’OMS… chez le nouveau-né, avec un taux de couverture vaccinale le 95 à 97 %. On est loin du compte !
Ces enfants restent exposés au risque de rougeole et à ses redoutables complications : pulmonaires (pneumonie) et surtout neurologiques (panencéphalite sclérosante subaiguë, ou PESS).
Il s’agit en outre d’une maladie très contagieuse, pour l’enfant comme pour l’adulte. Il n’est jamais trop tard pour vacciner. N’oublions pas que le vaccin anti-oreillons protège du risque d’une possible stérilité ultérieure et que le vaccin anti-rubéole doit éviter aux jeunes enfants de contaminer une femme enceinte (mère, enseignante, puéricultrice) avec le risque d’atteinte du fœtus.
Auteur : Yann-Mikael Dadot, pharmacien
Accéder au communiqué (en anglais) de la HPA : http://www.hpa.org.uk/webw/HPAweb&HPAwebStandard/HPAweb_C/1227774034336?p=1204186170287
Lire aussi : Vaccination: L’Europe mal vaccinée contre la rougeole
Mis en ligne le 3 décembre 2008
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