SANTE au TRAVAIL : 15% des Français souffrent de TMS
Actualité publiée le 09-02-2010
TMS
Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire, du 9 février, rapporte un bilan très complet sur l’état, en France et chez nos voisins européens des Troubles musculo-squelettiques (TMS) d’origine professionnelle. Si en France, les TMS représentent près de 80% des maladies professionnelles, un programme pilote, dans les Pays de la Loire, a permis de mieux cerner la prévalence des différents troubles et leurs facteurs de risque.
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent aujourd’hui l’une des priorités en santé au travail. Première cause de morbidité liée au travail, sous-estimée par les statistiques de maladies professionnelles du fait de la sous-déclaration, ce phénomène est répandu en Europe. Ainsi, en 2005, les travailleurs de l’Union européenne souffrent, en premier lieu, de douleurs rachidiennes, des épaules ou des membres, et les TMS occupent la première place des maladies professionnelles reconnues dans de nombreux pays. Les TMS sont en augmentation régulière depuis le début des années 1990 et recouvrent un large ensemble d’affections péri-articulaires qui touchent les tissus mous (muscles, tendons, nerfs, vaisseaux, cartilages). Ils se traduisent principalement par des douleurs et une gêne fonctionnelle souvent quotidiennes. Leur gravité est liée à leurs conséquences d’une part médicales –affections chroniques-, et d’autre part professionnelles, car source d’inaptitude au poste de travail.
Les TMS en France, première cause de morbidité liée au travail : En 2006, les TMS des membres et les lombalgies représentaient 79,5% des maladies professionnelles (MP) reconnues par le Régime général avec près de 40.000 cas. Les TMS constituent la première cause de journées de travail perdues du fait des arrêts de travail, avec la perte, en 2006, de plus de sept millions de journées de travail. L’Institut de veille sanitaire (InVS) a mis en place un programme de surveillance épidémiologique des TMS en raison de l’absence de données pour décrire l’épidémie de TMS à l’échelle de l’ensemble de la population active.
Un programme pilote dans les Pays de la Loire permet aujourd’hui la description des TMS et de l’exposition à leurs facteurs de risque. Grâce à une surveillance des pathologies, des principaux TMS des membres et des lombalgies en entreprise, des maladies "à caractère professionnel" sur un échantillon de 3.710 salariés âgés de 20 à 59 ans, l’étude a montré une prévalence élevée des TMS parmi des salariés :
-au moins un des six principaux TMS du membre supérieur a été diagnostiqué chez 15% des femmes et 11% des hommes,
-16% des hommes et 17% des femmes ont déclaré des symptômes lombaires au cours de l’année,
Trois grands types de facteurs identifiés :
-les facteurs biomécaniques (mouvements en force ; postures extrêmes, répétitivité des gestes)
-les contraintes psychosociales (forte demande psychologique, faible soutien social, faible latitude décisionnelle...)
les facteurs individuels (âge, genre, diabète, hypothyroïdie...).
Un phénomène généralisé en Europe :
En 2000, 34% des travailleurs européens déclaraient souffrir de problèmes de dos, 23% de douleurs musculaires dans le cou et les épaules, et les TMS étaient les pathologies les plus déclarées, citées en première position, pour la période 1994 à 2000, dans six pays européens sur 10. Les TMS occupent ainsi la première place des maladies professionnelles en Belgique, Espagne, Finlande, Luxembourg et Suède. Le premier problème de santé au travail dont souffrent les travailleurs européens reste les douleurs rachidiennes (25%) et les douleurs musculaires au niveau du cou, des épaules ou des membres (23%). La 4e enquête européenne sur les conditions de travail montre qu’en 2005, presque un travailleur sur deux déclare exercer son emploi dans des positions douloureuses et fatigantes.
Une mobilisation essentielle de tous les acteurs est essentielle, souligne l’InVS, qui rappelle les campagnes d’information du ministère chargé du Travail "Les TMS, parlons-en pour les faire reculer" ou encore "Les TMS, la prévention, on s’y met tous".
Grâce à la participation de ces réseaux (professionnels de la santé au travail, médecins et chirurgiens libéraux, infirmières et travailleurs sociaux...), ce programme de surveillance épidémiologique devrait aussi contribuer à articuler le travail de terrain.
Source : InVS, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 9 février 2010 (Visuels travaillermieux.gouv)
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Cette actualité a été publiée le 09/02/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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