SANTE MATERNELLE : La non-assistance tue 500.000 femmes enceintes par an
Actualité publiée le 14-03-2010
Campagne internationale
Les Objectifs du millénaire, pour 2015, en matière de santé maternelle sont loin d’être atteints. Chaque minute qui passe, une femme meurt d'une cause liée à la grossesse ou à l’accouchement, ce qui représente plus de 500.000 femmes chaque année. Ainsi, en Sierra Leone, 2.100 femmes meurent pour 100.000 naissances vivantes. 200 millions de femmes dans le monde n’ont pas accès à la contraception. Et 130 millions de femmes ont subi une mutilation sexuelle. Une nouvelle campagne, démarrée le 12 mars, à l’initiative de "Santé pour toutes", un collectif de plusieurs associations de santé internationales, nous rappelle la nécessité de se mobiliser pour mobiliser les politiques.
Le droit à la santé et à l’accès aux soins est un droit fondamental que les gouvernements et les institutions internationales ne parviennent toujours pas à garantir pour les plus pauvres de la planète.
Le réseau Action for Global Health estime que plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès aux soins de santé de base. Ainsi, chaque jour, 1.600 femmes et plus de 10.000 nouveau-nés meurent des suites de complications évitables au cours de la grossesse et de l'accouchement, un risque pour la mère de mourir de complications liées à sa grossesse, 250 fois plus élevé dans les pays en développement que dans les pays développés.
Parmi les objectifs du millénaire, deux concernent directement les femmes et les mères :
-La réduction de trois quarts, entre 1990 et 2015, du taux de mortalité maternelle et l’accès à la médecine procréative universel d’ici à 2015.
-La réduction de moitié, entre 1990 et 2015, de la proportion de la population qui souffre de la faim avec la possibilité pour chacun, y compris les femmes et les jeunes, de trouver un travail décent et productif.
Le taux de mortalité maternelle, lié soit aux complications liées à la grossesse, soit à l’accouchement reste encore très élevé dans les pays pauvres. Et pour chaque femme qui meurt, au moins 20 vont survivre avec de graves séquelles (maladie chronique ou incapacité). La quasi totalité des décès maternels (99 %) survient dans les pays en développement. Les décès maternels sont principalement dus aux complications obstétriques (hémorragies post-partum, infections, dystocie), à un suivi de la grossesse insuffisant (éclampsies), ou encore aux conséquences d’un avortement pratiqué dans des conditions risquées. En fait, la campagne rappelle qu’un grand nombre de décès pourraient être évités si les femmes disposaient de services de planification familiale de bonne qualité, de soins prénatals, de la présence de personnel qualifié pour assister à l’accouchement et d’un accès aux soins obstétriques d’urgence. Si le taux de mortalité est en baisse, de 25 à 50% dans les pays d’Afrique sur quelques années seulement, un pays comme la Sierra-Leone encore un taux de mortalité maternelle record avec 2.100 décès pour 100.000 naissances vivantes.
De nouveaux programmes de santé maternelle doivent aider financièrement les femmes à accéder à au suivi prénatal et à des soins obstétriques de qualité. Des bons permettant d’accoucher sans frais dans les structures publiques ou les cliniques privées sont ainsi distribués aux femmes enceintes les plus pauvres. Mais l’ONU rappelle que les systèmes de santé des pays en développement doivent être soutenus encore, à travers un renforcement des moyens concédés aux personnels soignants notamment, pour offrir les réseaux et la qualité des soins nécessaires à la réalisation des objectifs du millénaire.
Mais la santé des femmes inclut la contraception, l’accès à l’IVG et la lutte contre les mutilations génitales : 200 millions de femmes dans les pays en développement présentent ainsi des besoins en contraception non satisfaits, dont 130 millions en Afrique : Une femme d’Afrique subsaharienne sur cinq ne souhaitant pas avoir d’enfant dans un avenir proche n’a pas accès à la contraception. D’où un recours à l’avortement non médicalisé, cause de 14 % des décès maternels sur le continent africain. Enfin on recense environ 130 millions de femmes et filles ayant subi une excision ou une autre forme de mutilation génitale.
Source : Santé pour toutes (Visuels), mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 13 mars 2010
Pour en savoir plus : www.santepourtoutes.org
Accéder aux dernières actualités sur la santé des Mères et de la Femme
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 14/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|