SANTE MENTALE : L’OMS dénonce l’absence d’écoute des personnes atteintes de troubles mentaux
Actualité publiée le 09-04-2009
Enquête OMS
Une enquête réalisée au Royaume-Uni et publiée par l’OMS identifie les lacunes de la prise en charge des personnes atteintes de troubles mentaux et préconise de nouveaux protocoles de surveillance de leurs traitements médicamenteux. Ces malades ont en effet un accès limité aux soins de santé partout dans le monde. Aux États-Unis, de 17 à 28% des personnes souffrant de troubles mentaux n'ont pas d'assurance-maladie mais pourtant beaucoup plus de probabilité d'être en mauvaise santé que la population générale. Ces personnes atteintes de troubles mentaux, comme la schizophrénie et la psychose maniacodépressive, décèdent prématurément de causes qui auraient pu être évitées. En bref, les professionnels de santé doivent mieux écouter leurs patients en consultation.
L'OMS indique que "dans tous les pays, qu'ils soient riches ou pauvres, des indices montrent que les personnes handicapées reçoivent des soins de santé insuffisants et ont des besoins sanitaires auxquels personne ne répond". À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, l’OMS a réaffirmé sa volonté de fournir une assistance technique aux États Membres qui proposent des services de santé intégrés aux personnes atteintes d’autisme et d’autres troubles mentaux ou de développement dans l’enfance. Selon une enquête menée à l'échelon mondial par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la question des personnes handicapées, 74% des 114 pays interrogés ont indiqué avoir pris des mesures pour rendre les soins médicaux accessibles aux personnes handicapées mais seuls 49% des pays étaient déjà dotés d'une législation pour en assurer l'exécution.
Au Royaume-Uni, la Commission pour les droits des personnes handicapées (Disability Rights Commission) a donc lancé une enquête officielle sur les inégalités d'accès aux soins de santé et leur impact sur les personnes ayant des troubles mentaux ou des troubles d'apprentissage. Cette enquête a couvert huit millions de dossiers de soins de santé primaires, organisé des consultations avec plus de mille personnes atteintes de troubles mentaux et/ou d'apprentissage, leurs aidants, les professionnels de santé et les représentants de groupes de défense de ces patients.
Le rapport d'enquête intitulé "Equal treatment: closing the gap" (Égalité de traitement: combler le retard) a conclu que les personnes souffrant de troubles mentaux ou d'apprentissage en Angleterre et au Pays-de-Galles étaient plus exposées à d'importants risques sanitaires et problèmes de santé comme l'obésité, l'hypertension artérielle et le diabète
Les raisons de ces inégalités sont complexes :
- Des conditions sociales défavorisées peuvent en partie être à l'origine d'une telle situation, mais ce n’est pas la seule raison.
- Les difficultés d’ordre psychologique sont mal prises en compte : En Angleterre et au Pays-de-Galles les professionnels de santé considèrent l'accès aux soins des handicapés presque entièrement sous l'angle de l'accès physique aux installations.
- Les conséquences psychologiques ne sont pas suffisamment prises en compte (Prise de rendez-vous refusée, respect de leur dignité, perception déformée…).
- La mauvaise compréhension des patients des conséquences du conseil médical.
- L’absence de stratégie prévue pour aider les malades.
- La dissimulation diagnostique lorsque le médecin passe à côté du diagnostic.
- Les préjugés, voire la discrimination vis-à-vis des personnes atteintes de maladies mentales.
- L’absence de prise en compte des effets indésirables des traitements (comme la prise de poids ou le diabète).
- L’absence de prise en compte du mode de vie du patient (tabagisme, alcoolisme…).
- L’absence de prise en compte des troubles physiques qui peuvent évoquer une maladie mentale.
Cette enquête a abouti à une meilleure surveillance des effets des médicaments pour un meilleur équilibre entre leurs bienfaits sur la santé mentale et les effets secondaires indésirables et à des protocoles pour atténuer les effets indésirables du changement de traitement aux modifications du mode de vie.
Conclusion pratique de l’enquête : Écouter ce qu'un patient a à vous dire est la meilleure ouverture sur ses besoins.
Source OMS, RADAR/United Kingdom (Royal Association for Disability and Rehabilitation) mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, le 10 avril 2009
Accéder au rapport Elargir l’accès aux soins de l’OMS : http://www.who.int/mental_health/mhgap_french.pdf
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