SCANNERS CORPORELS : DANGEREUX pour la santé ?
Actualité publiée le 02-03-2010
Sécurité sanitaire
Un premier specimen de scanner corporel actuellement testé à l’aéroport de Roissy déclenche déjà des interrogations : Liberté des personnes, droit à l’intimité mais aussi dangers pour la santé ? Car si le scanner à rétrodiffusion est capable de produire des images de qualité photographique du sujet, il utilise un faisceau étroit de rayons X qui balaie le sujet de gauche à droite et sont, pour partie absorbés par l’organisme.
Le Comité Inter-Agence sur la Sécurité des Rayonnements (IACRS- Inter Agency Committee on Radiation Safety) avertissait, début février, que les scanners corporels actuellement déployés dans les aéroports (surtout aux Etats-Unis), pourraient augmenter le risque de cancer et de malformations congénitales. Ils ne devraient pas être utilisés sur les femmes enceintes ou les enfants, précise le rapport qui conclut que les gouvernements doivent justifier l'utilisation des scanners et qu'une évaluation plus précise des risques sanitaires est nécessaire.
L’AIEA ou Agence internationale de l’énergie nucléaire rassure, dans une récente publication on line: « Le rayonnement est une partie normale de notre vie quotidienne(…) Des traces de radiation sont trouvés dans la nourriture que nous mangeons et l'eau que nous buvons. Nous recevons même pas de la terre elle-même que les gaz radioactifs sont émis par la croûte terrestre sous forme de gaz radon. Son travail et sa responsabilité, évaluer l’importance des rayonnements reçus dans différents contextes, fixer des normes et des bonnes pratiques pour se protéger contre une surexposition possible. Actuellement, la source la plus forte croissance de l'exposition aux rayonnements peut être trouvé dans la médecine, rappelle l’AIEA, où l'utilisation de rayons X, en particulier dans la tomodensitométrie (TDM), sont appliquées avec une plus grande fréquence.
2 technologies pour le contrôle de la sécurité : L'AIEA a bien entendu étudié la radioprotection en ce qui concerne le contrôle de sécurité, en particulier des voyageurs aériens et l'utilisation des scanners corporels. Deux technologies d’appareillages sont susceptibles d’être déployées sur les aéroports : soit des scanners utilisant des rayonnements non ionisants (dits « ondes millimétriques »), soit des scanners utilisant des rayonnements ionisants (rayons X, mesure par rétrodiffusion, dit « backscatter »). La technologie de « rétrodiffusion » qui peut détecter des objets cachés sous les vêtements et la transmission de rayons X qui permet de sonder plus loin encore, en produisant des images d’objets avalés ou cachés dans des cavités corporelles. Ces deux technologies permettent d’obtenir, en une demi-minute, des images de haute qualité et en 3 dimensions.
Une très faible dose d’irradiation, dit l’AIEA : Les scanners à rayons X irradient les voyageurs, mais les doses d'irradiation sont extrêmement faibles, précise l’AIEA. Ces dispositifs dispenseraient en effet une dose de radiation de 0,1 ìSv à 5 iSv (microsievert) par contrôle, alors que le montant moyen de rayonnement reçu naturellement par personne est d’environ 3000 ìSv par an. En situation de grossesse, le site de l’AIEA, Radiation Protection of Patients (RPOP) précise bien qu’il faut minimiser l'exposition de l'enfant à naître. L'enfant à naître est considéré comme plus sensible que l’adulte aux effets potentiels des rayonnements indésirables. Même pour des examens médicaux, des mesures spéciales doivent être prises pour maintenir la dose de radiations sur l'enfant à naître aussi faible que possible et ces examens doivent être limités aux cas essentiels à la santé de la mère. Ainsi, l’IRSN (lnstitut de radioprotection et de sureté nucléaire) déconseille l'usage des scanners corporels à base de rayons X pour les femmes enceintes et les enfants (Avis du 22 février 2010).
L’INRS se montre prudent, dans ce même communiqué : « Les rayonnements ionisants utilisés par ces scanners génèrent une exposition non seulement de la peau, mais aussi de certains organes peu profonds (cristallin, seins, testicules, thyroïde). Ces doses extrêmement faibles, à première vue négligeables, doivent cependant être mises en regard avec les principes fondateurs du système de radioprotection, et tout particulièrement celui de justification. Selon ce principe, toute dose, aussi faible soit elle, doit être évitée si elle se révèle être inutile au regard de l’intérêt individuel, collectif ou sociétal. L’IRSN recommande ainsi, aux autorités françaises de ne pas retenir l’option des scanners à rayons X et de s'orienter vers des technologies aux performances de détection comparables, ne mettant pas en œuvre les rayonnements ionisants.
Enfin, non seulement les scanners corporels présentent des risques de santé, mais ils posent aussi…la question du droit l’intimité.
Sources : IAEA (Pour en savoir plus en anglais), RPOP (Vignette), IRSN (Schéma), mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 2 mars 2010
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Cette actualité a été publiée le 02/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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