SCLEROSE EN PLAQUES : Un injecteur électronique pour assurer l’OBSERVANCE
Actualité publiée le 24-03-2010
Observance
Il peut sembler incompréhensible qu’un patient traité pour une maladie invalidante et qui gâche véritablement sa qualité de vie et son autonomie manque volontairement ses rendez-vous réguliers avec son médicament, le traitement devenant épisodique et ses effets inconstants, voire nuls. Cette rupture de l’adherence (terme anglo-saxon, pour l’instant validé par l’OMS), c’est-à-dire pour nous de l’observance, s’observe même dans une pathologie aussi pénible que la sclérose en plaques (SEP).
Les causes de non observance : Le laboratoire Merck Serono, qui a développé pour son traitement un interféron bêta-1a (Rebif®), a étudié les causes de l’abandon partiel ou total du traitement, et propose une solution innovante au problème : le duo cartouche d’interféron (forme déjà adoptée pour l’insuline)/injecteur électronique RebiSmart®. Innovation galénique majeure (mode de présentation du médicament, mode de son administration), la galénique, on l’oublie trop souvent, étant d’un apport parfois exceptionnel pour le progrès des traitements médicamenteux.
La cartouche multidoses d’interféron bêta-1a permet sans effort (excessif) l’administration des trois doses hebdomadaires requises. Elles sont présentées en deux dosages : 22 et 44 microgrammes. Elles s’injectent en sous-cutané, ce que la plupart des patients savent faire seuls, ou au besoin en bénéficiant de l’intervention d’une infirmière d’un réseau SEP.
Quant au premier injecteur électronique d’interféron, conçu spécifiquement pour les cartouches, c’est une merveille de miniaturisation électronique et de détails destinés justement à soulager le patient de ce qui, dans l’administration de son traitement, pourrait le pousser à l’indiscipline thérapeutique. C’est un dispositif de la taille d’un gros téléphone portable avec écran graphique pour inscription des messages, compartiment d’insertion des cartouches (un autre pour les piles !), capteur de peau (qui ne déclenche l’injection que s’il la détecte), logement acceptant l’aiguille à usage unique (que le patient ne voit pas). Chaque patient peut personnaliser son mode d’injection selon des paramètres de confort à choisir : vitesse de pénétration de l’aiguille, vitesse d’injection du produit profondeur de l’injection, durée d’injection…
Sur l’écran, le patient suit les directives pour préparer, programmer et effectuer l’injection : des signaux visuels et sonores le guident sans effort. Le RebiSmart® tient un agenda des injections, que le médecin pourra lire.
On doit le souligner : les laboratoires qui développent des présentations galéniques destinées à faciliter un traitement chronique (plus à risque de non observance qu’un traitement aigu) le font sans augmentation du prix du traitement, et le coût de l’innovation est pour eux. C’est ce que souligne Merck Serono avec la mise à disposition des patients des cartouches d’interféron bêta-1a et de cet étonnant injecteur électronique, inédit dans ce domaine de la thérapeutique… mais dernière évolution en date des moyens d’injection de moins en moins inconfortables développé par Merck Serono depuis 1998, année de l’arrivée de Rebif® en thérapeutique de la SEP. Ainsi, la génération précédente : l’injecteur manuel Rebiject II et ses cartouches unidoses, est toujours disponible.
L’étude des composantes de la non ou mauvaise observance par l’équipe de l’Unité de neurologie de Merck Serono a livré des constats intéressants – à vrai dire on en retrouve la plus grade partie dans les indisciplines thérapeutiques de divers traitements (ostéoporose HTA, dépression…) – mais certaines sont propres à des pathologies précises.
On sait que la rupture de l’observance est plus fréquente en cas de maladie chronique (on s’habitue à « vivre avec »), et qu’elle a comme explications de la part du patient, un soulagement incomplet des symptômes le mode d’administration (sous-cutanée et phobie des aiguilles), le ressenti des effets secondaires, la lassitude du vécu du handicap, le risque de non observance étant statistiquement maximum dans les six premiers mois de l’initiation du traitement – oubli, impatience de voir des résultats (doute sur l’efficacité) lassitude du traitement répétitif.
Un facteur médico-social a été souligné par l’équipe de l’Unité de neurologie de Merck Serono : l’absence d’un aidant auprès du patient SEP. D’où l’importance pour le médecin qui effectue le diagnostic et prescrit le traitement de se préoccuper de référer son patient à un réseau SEP, dont une infirmière pourra alors assister ce patient pour ses premières injections, voire les assurer en totalité.
Le problème, bien sûr, est que moins il y a « adherence» thérapeutique, plus il y a risque de baisse de l’efficacité perçue du traitement, et par engrenage risque accru de moindre observance. C’est cet engrenage que la galénique, mais aussi l’accompagnement, peuvent éviter dans la pris en charge de la SEP.
Source : présentation de l’Unité de neurologie de Merck Serono (Visuels) mise en ligne Jean-Marie Manus, Santé log, le 23 mars 2010
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Cette actualité a été publiée le 24/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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