SECURITE CARDIOVASCULAIRE DES MEDICAMENTS NON CARDIOVASCULAIRES
Actualité publiée le 04-09-2008

Ce titre n’a rien d’ésotérique. Il résume des communications présentées au par le Dr Frank Ruschitzka, de l’Hôpital universitaire de Zurich (Suisse) et ses confrères Congrès de la Société européenne de cardiologie, à Munich, qui évoquaient là un problème fréquent : les médecins d’autres spécialités que la cardiologie (y compris médecine générale) devraient se préoccuper de la sécurité des médicaments qu’ils prescrivent à des patients déjà sous traitement ou à risque cardio-cérébrovasculaires.
Bien entendu, ce n’est pas un reproche, mais le message que le symposium sur les médicaments cardiovasculaire du congrès a souhaité transmettre aux non cardiologues, c’est : soyez attentifs aux médicaments que vous prescrivez. Pourquoi ? La réponse est simple… et connue : le risque d’effet indésirable est doté d’un risque cardio-cérébrovasculaire élevé.
On se souvient des complications cardiovasculaires de ces nouveaux anti-inflammatoires non stéroïdiens appelés anti-COX-2 sélectifs, qui ont justifié leur retrait en 2004… alors que les AINS les plus anciens (mais pas sélectifs, paraît-il) n’avaient pas ce défaut… mais au contraire l’efficacité des nouveaux anti-COX-2, a souligné le Dr Ruschitzka, qui participe à une étude comparant les anciens et les nouveaux chez plus de 20 000 rhumatisants.
Car comme le rappelle ce spécialiste suisse, le « rhumatisant » a 70 ans en moyenne et présente 4 ou 5 autres affections ou maladies, et généralement au moins une maladie ou des facteurs de risque cardiovasculaires. Il ne faut donc pas avoir peur (sic) de prescrire des AINS pour soulager la douleur rhumatismale, à condition de s’assurer que les pathologies cardiovasculaires sont équilibrées…
De même, on n’oubliera pas que certains antidépresseurs (tricycliques) présentent des risques cardiovasculaires (tension, rythme cardiaque), de même que l’érythropoiétine (traitement de l’anémie) avec un risque d’HTA.
Un autre orateur, le Dr John Cleland (Université de Hull, Grande-Bretagne), a rappelé qu’une étude américaine avait montré un risque cardiaque grave (insuffisance cardiaque congestive) avec une nouvelle classe de médicaments antidiabétiques oraux (ADO), les glitazones. Le Dr Jeffrey Borrer (Presbyterian Hospital, New York) a évoqué le risque d’atteinte des valves cardiaques avec un traitement de la maladie de Parkinson, les agonistes des récepteurs de la dopamine, rapporté l’an dernier par une étude italienne.
On sait déjà que de nouveaux médicaments très ciblés, développés avec des méthodes de biologie moléculaire, sont susceptibles de présenter des effets secondaires préoccupants, tels les antagonistes du récepteur du VEGF (vascular endothelial growth factor).
Les quelques exemples cités montrent que si la précaution de prescription est essentielle pour la santé du patient, elle l’est pour la santé… économique des laboratoires, car la sanction est… le retrait du marché du médicament.
Auteur : Yann-Mikael Dadot, pharmacien
Publié le 4 septembre 2008
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