SIDA, 18è Conférence : Homosexualité, toxicomanie, séropositivité, les 3 stigmatisations à faire tomber
Actualité publiée le 16-07-2010
Aides
3 stigmatisations à combattre pour venir à bout du sida, celles de l’homosexualité, de la toxicomanie et de la maladie elle-même. On l’a vu avec la Déclaration de Vienne, qui souhaite adopter une approche terrain, fondée sur des données scientifiques plutôt qu’une politique de répression à destination des communautés les plus touchées telles les populations homosexuelles ou toxicomanes. Un accès universel aux droits et à l’information, tout autant qu’au traitement est la clé de la nouvelle stratégie contre le sida, réclamée par de nombreux experts, associations, comme Aides, dans son communiqué du 16 juillet, à la veille de l’ouverture de cette 18è Conférence internationale.
Pouvoir se prendre et être pris en charge implique de connaître et de pouvoir parler de sa séropositivité, sans risque de persécution, d’exclusion sociale ou de poursuites judiciaires voire d’emprisonnement. De nombreux pays par le biais de politiques stigmatisantes nuisent à l’accès aux soins pour tous.
L’homosexualité et sa communauté, particulièrement touchée avec une prévalence parfois 5 fois supérieure à celle constatée en population générale, reste encore « criminalisée », passibles dans certains pays africains de la peine de mort. 39 pays sur 53 états africains considèrent encore l’homosexualité comme un délit et 57 pays dans le monde refusent de signer la déclaration portée par Rama Yade en 2008 devant l’ONU qui condamne la pénalisation de l’homosexualité. Le réseau Africagay contre le sida, dont aides est partenaire, défend dans ces pays l’accès à la prévention et aux soins des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).
L’usage de drogues, loin d’être considéré comme une conduite addictive nécessitant une prise en charge sanitaire, reste aussi dans de nombreux pays, criminalisée et stigmatisée par les institutions et parfois l’opinion publique. Ainsi, en France, rappelons qu’une récente enquête concluait que les héroïnomanes étaient des gens dangereux pour 84% des Français. En Europe de l’Est et en Asie centrale, l’usage par injection est aujourd’hui la première cause de contamination au VIH. En dehors de l’Afrique sub-saharienne, est responsable d’une contamination sur trois au niveau mondial.
Cette 18è Conférence, doit être l’opportunité de réviser, selon Aides et d’autres organisations, les conventions internationales sur les drogues de manière à favoriser l’accès universel aux outils de prévention, de soins et de réduction des risques propres à cet enjeu. On sait, sur le terrain que l’accès aux seringues et matériels stériles, aux traitements de substitution, accompagnement à l’injection est primordial mais aussi qu’au global, ce sont 2 aiguilles/seringues par mois et 12 préservatifs par an qui sont en réalité distribués à chaque consommateur de drogues injectables (CDI), en moyenne dans le monde, ce qui reste bien sûr très insuffisant. C’est l’objet et le combat de la Déclaration de Vienne.
Déclaration de Vienne.
La transmission du VIH ou la séroposivité, elles-mêmes restent pénalisées: « La pénalisation de la transmission renforce la perception du VIH comme une affection honteuse, scandaleuse et méprisable » déclarait Edwin Cameron, juge à la cour suprême, Afrique du Sud en 2008. Là encore, des lois spécifiques criminalisent la transmission du VIH, dans certaines régions d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes. Une criminalisation sans bénéfice pour la santé publique qui dissuade le recours au dépistage et bafoue les libertés fondamentales des individus.
3 stigmatisations, de l’homosexualité, de la toxicomanie et de la maladie elle-même qui engendrent la défiance et la peur à l’égard et de la part des personnes vivant avec le VIH et mettent en danger le droit d’accès à l’information, à la prévention et au traitement.
Sources : Communiqué Aides (Visuels), Déclaration de Vienne, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 16 juillet 2010
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Cette actualité a été publiée le 16/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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