SIDA : Découverte de 2 NOUVEAUX ANTICORPS ANTI-VIH capables de neutraliser le virus
Actualité publiée le 06-09-2009
SIDA
L’espoir d’un vaccin à base d’anticorps au lieu d’antigènes ? Des biologistes américains annoncent, dans le magazine Science du 4 septembre la découverte de deux nouveaux anticorps produits par le système immunitaire de sujets infectés par le VIH-1 sans montrer les symptômes d’une progression vers l’état de sida (maladies opportunistes). Cette découverte n’est bien sûr pas fortuite : depuis plusieurs années nombre de laboratoires de biologie fondamentale et des biotechnologies cherchent à comprendre par quels mécanismes immunitaires des sujets infectés de longue date par le VIH, censé les rendre immunodéprimés, n’expriment pas les symptômes désormais classiques et n’évoluent pas vers le sida.
Ces sujets « résistants » sont désignés par l’appellation médicale de non progresseurs, et l’on a découvert notamment qu’ils ont : soit des récepteurs cellulaires non conformes de nature empêchant la fusion du virus et son entrée dans la cellule-cible (endocytose) pour s’incorporer à son matériel génétique et se répliquer grâce à elle, soit qu’ils produisent des anticorps efficaces contre le VIH, là où les autres patients, après un sursaut immunitaire au moment de la primo-infection, subissent cette immunodépression acquise (syndrome d’immunodéficit acquis : sida), laissant le VIH se répliquer et envahir l’organisme.
La découverte annoncée est intervenue à partir de l’analyse d’environ 1 800 échantillons de sang issus de pays des 5 continents chez des sujets vivant avec le VIH depuis au moins 3 ans et non progresseurs. Cette découverte permet de comprendre pourquoi.
Les anticorps isolés sur un échantillon de sang africain, qui ont reçu la dénomination de PG 9 et PG 16, expliqueraient donc la résistance de certains patients au VIH (absence de complications, maladies et tumeurs dus au sida), aux VIHs devrait-on dire, car depuis son identification initiale en 1983 (L. Montagnier, F. Barré-Sinoussi, JC Chermann et coll.) ce virus s’est diversifié en plusieurs sérotypes (ou plutôt on les a identifiés progressivement), du fait de son haut potentiel mutagène. Les deux anticorps sont des bNAbs (broadly neutralizing antibodies), des anticorps ayant une large capacité à neutraliser le virus.
Mais malgré cet avantage, le virus ne peut pas modifier tous ses composants : il ne modifie pas des régions conservées, terme d’infectiologie et de génétique qui laisse l’espoir de développer des traitements focalisant ces cibles immuables, telles les gp 120 et 141 du VIH. Traitements qui pourraient, dans un avenir encore indéfinissable, se présenter sous la forme d’un vaccin comportant une dose d’anticorps issus des non progresseurs.
Un espoir pour demain ? Un de plus, car ces 20 dernières années, il faut bien dire que jusqu’à ce jour les tentatives de développement d’un vaccin anti-VIH classique ont été fort décevantes (sinon désespérantes) quant au résultat final. Un vaccin à base d’anticorps au lieu d’antigènes (ceux du virus), c’est (ce serait) un raccourci intéressant…
La publication de Science émane de 3 unités de recherche : l’Institut Scripps à La Jolla (Californie) et 2 biotechs : Monogram BioSciences (San Francisco) et Theraclone Sciences (Seattle). Selon Dennis Burton, immunologistes à l’Institut Scripps, les 2 anticorps se lient aux 2 protéines de surface du VIH, gp 120 et 41, qu’on n’avait pas encore envisagé comme cibles d’un futur vaccin, paraît-il… bien qu’on les ait dans le collimateur depuis un certain nombre d’années ! Comme Burton l’a dit : si nous voulons disposer d’anticorps neutralisant le virus, il faut rechercher les sujets infectés qui les fabriquent…
Ces travaux sont soutenus par IAVI (International AIDS Vaccine Initiative), première ONG historiquement à s’impliquer dès 1996 dans le soutien au développement d’un vaccin, espéré dès la découverte du VIH. Pour IAVI, cette découverte est une nette avancée vers un vaccin anti-sida efficace (an effective AIDS vaccine) car on dispose d’une cible potentielle meilleure en vue de la conception d’un futur vaccin. La recherche d’anticorps bNAbs du VIH est un programme de recherche lancé par IAVI en 2006 sous le nom de Protocol G. A suivre.
Auteur : Jean-Marie Manus, Santé log, mise en ligne le 7 septembre 2009 (Icono Scripps : Scripps Research Institute)
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Source : IAVI www.iavi.org ; Science (www.sciencemag.org) : Broad and Potent Neutralizing Antibodies from an African Donor Reveal a New HIV-1 Vaccine Target, Dennis Burton (burton@scripps.edu) et coll., publié on line le 3/9/2009 Science DOI: 10.1126/science.1178746
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Cette actualité a été publiée le 06/09/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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