SIDA et DROGUES : Le nouveau paradigme : «Chercher, tester, traiter et suivre»
Actualité publiée le 23-07-2010
AIDS 2010
Un nouveau rapport présenté au 22 juillet par l'International AIDS Society, dans le cadre de la Conférence internationale de Vienne, recommande ce nouveau principe de prise en charge des usagers de drogues injectables face à l’infection au VIH : «Cherchez, tester, traiter et suivre ». Traiter et suivre, car l'accès à la thérapie de substitution aux opiacés (TSO) comme la méthadone peut faciliter l'accès au traitement ART puis la poursuite du traitement.
Dans le contexte d’une diffusion de plus en plus rapide de l'épidémie de VIH en Europe orientale et Asie centrale, ce rapport plaide pour un nouveau modèle d'extension des traitements et de la prévention du VIH chez les usagers de drogues injectables (UDI). Le rapport «"Prevention and Treatment of HIV/AIDS amongst Drug Using Populations: A Global Perspective", préconise une approche fondée sur la science et souligne la nécessité urgente d'accroître et d'élargir l'accès à la thérapie antirétrovirale hautement anti active (HAART) chez les UDI.
L'idée simple de ce rapport est d'étendre la recherche sur les médicaments, d'encourager le dépistage du VIH (test), de relier les personnes infectées aux soins qui leur sont nécessaires (traitement), et de soutenir ensuite ces personnes. "Les personnes avec et sans antécédents d'utilisation de drogues injectables, retirent un bénéfice de survie identique par thérapie antirétrovirale HAART. Il est urgent de traiter les UDI » répète le Dr Julio Montaner, président de l'International AIDS Society.
Le rapport décrit comment les programmes peuvent accroître cette efficacité par l'utilisation d'un ensemble complet d'interventions et d’outils, comme la fourniture de seringues par exemple.
«Proposer aux UDI un traitement de substitution (OST), comme la méthadone ou la buprénorphine, diminue de façon significative le taux d’infection au VIH, sa transmission et augmente les chances des UDI séropositifs d’amorcer et de suivre la thérapie antirétrovirale HAART.
Il faut rappeler ici que le choix de la ville de Vienne pour cette 18è Conférence internationale sur le sida rappelle le rôle qu’elle a joué dans la réduction du sida en Europe de l’Est. 65% des infections par VIH en Russie concernent des UDI et le nombre de personnes infectées par le VIH en Russie a été multiplié par 10 au cours des 10 dernières années.
Le rapport apporte aussi des recommandations :
• Développer les interventions dans les régions à forte prévalence;
• Associer les stratégies aux données épidémiologiques;
• Évaluer l'impact des interventions actuelles;
• Promouvoir un traitement efficace qui combine le conseil, la pharmacothérapie, et des services de suivi;
• Intégrer des mesures de prévention du VIH dans tous les traitements de la toxicomanie
• Traiter les infections et les conditions comorbides comme l'hépatite C et la tuberculose;
• donner accès aux soins primaires à tous les usagers de drogues injectables
• Former les professionnels de santé à la reconnaissance et à la prise en charge de la toxicomanie
• Identifier les obstacles et les facilitateurs de d’interventions efficaces
Source : International AIDS Society (IAS), Rapport 2010, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 22 juillet 2010
Lire aussi : VIH-SIDA : Généraliser la multithérapie chez les usagers de drogues -
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Cette actualité a été publiée le 23/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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