STOP RHUMATISMES : LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE sort de l’ombre…Enfin
Actualité publiée le 13-11-2009
Sensibilisation
La campagne de sensibilisation sur la polyarthrite rhumatoïde sort de l’ombre médiatique la mystérieuse PR, ombre que lui font des sujets estimés plus parlants au peuple français, plus actuels (vaccination anti-grippe). On peut juger que la campagne Stop Rhumatismes de la Société française de rhumatologie (1) banalise la PR, car ce rhumatisme a des particularités biologiques qui ne facilitent pas sa médiatisation… bien que réel problème de santé publique et d’économie de santé : au moins 300.000 personnes touchées en France.
C’est dire que la PR est loin d’être une maladie rare, comme le soutenait un animateur télévisuel, qui l’affirmait sans diagnostic, sans traitement car n’intéressant pas les laboratoires ! Or les rhumatologues soulignent les progrès de l’industrie du diagnostic in vitro et du médicament.
La PR est une maladie inflammatoire chronique, et son origine reste mal comprise, en termes médicaux. C’est une maladie auto-immune, et tout repose là-dessus : pourquoi le Soi se retourne-t-il contre lui-même alors que d’habitude c’est contre tout Non Soi, comme aurait dit le regretté Pr Jean Dausset. Pourquoi des éléments du système immunitaire agressent-ils les articulations ou d’autres tissus, y déclenchant une inflammation, voire une destruction, comme dans la PR ?
Si la biologie fondamentale n’a pas la réponse, on a quand même des réponses diagnostiques et thérapeutiques. Diagnostic pour détecter le plus précocement qu’il est possible un début de réaction auto-immune inflammatoire ciblant plusieurs articulations (c’est le sens de polyarthrite) : mains, poignets et pieds le plus souvent. Thérapeutique, dont il est utile de savoir qu’elle ne cesse de progresser – avec l’avancée considérable ces 5 dernières années que sont les biothérapies.
L’impact pénible de la polyarthrite rhumatoïde (rhumatoïde est de trop, mais rappelle que c’est une affaire de rhumatologue) n’est pas seulement le danger de destruction de l’articulation. C’est aussi l’œdème, la rigidité matinale, l’inflammation qui entretiennent une douleur quasi permanente et favorisent la progression vers l’impotence si la PR n’est pas détectée à temps et traitée dans la foulée, avec tous les moyens disponibles. Inutile d’épiloguer sur l’atteinte à la qualité de vie : le handicap moteur est plus qu’un handicap mécanique, c’est une privation de liberté qui risque de couper le lien social, notamment en interdisant la moindre des activités de la vie courante – et ce handicap-là est un élément pris en compte par le rhumatologue pour évalue l’évolutivité d’une PR.
La possibilité d’une rémission de cette évolutivité, est évoquée parfois par les rhumatologues, avec prudence toutefois, grâce notamment aux traitements désignés sous le terme passe-partout de biothérapies, développés à partir de la biologie immunitaire. Biologie qui a identifié les molécules du Soi responsables de l’inflammation, se comportant en auto-anticorps anti-synoviale, anti-cartilage, etc.
Pour quelle raison sont-ils activés et s’attaquent-ils aux articulations ? Cela reste à comprendre, mais le principal de ces agresseurs, le TNF (pour Tumor necrosis factor) a suscité le développement de médications spécifiques, les anti-TNF, auxquels on doit les rémissions de plus en plus nombreuses constatées par les rhumatologues.
La connaissance des molécules agressives de la réaction auto-immune nous promet d’autres biothérapies... et peut-être l’espoir de guérir la PR sans séquelles, à condition d’un diagnostic précoce, permettant si possible de stopper ou de stabiliser le processus agressif en protégeant la fonction articulaire, en prescrivant d’abord les médications anti-rhumatismales classiques qui n’ont pas démérité, efficaces aux stades précoces… Car les biothérapies sont des traitements coûteux, avec des indications bien précises et exposent certains patients à des problèmes infectieux.
Pour diagnostiquer et orienter à temps les patients, les rhumatologues peuvent compter sur le laboratoire d’analyses de biologie médicale, qui disposent de deux tests validés : le facteur rhumatoïde et les anti-CCP (les plus récents) marqueurs que l’on peut associer pour le diagnostic. La surveillance biologique d’une PR traitée ne semble pas utile : le suivi périodique des signes cliniques devrait suffire…
Source : Stop Rhumatismes http://www.stop-rhumatismes.com/ , mise en ligne Jean-Marie Manus, Santé log, le 13 novembre 2009
Lire aussi : SOS POLYARTHRITE RHUMATOÏDE : STOP aux RHUMATISMES -
(1) Avec le soutien du laboratoire Wyeth
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