SUCCION du NOUVEAU-NÉ : L’hormone qui rétablit un comportement alimentaire normal
Actualité publiée le 19-10-2010
Human Molecular Genetics
C’est une équipe de recherche de l’Inserm qui vient de mettre en évidence qu’une hormone, l’ocytocine, stimule l’activité de succion à la naissance chez le nouveau-né et que l’apport de cette hormone rétablit un comportement alimentaire normal. Des résultats importants, pour le traitement de certains troubles alimentaires du nouveau-né et plus précisément du syndrome de Prader-Willi, une maladie génétique orpheline caractérisée par une absence ou faible activité de succion dès la naissance. Une étude publiée dans la revue Human Molecular Genetics.
Dans les premières heures de la vie, la relation mère-enfant s’établit par la proximité physique et les comportements innés du nourrisson tels que la succion. Pourtant, les problèmes de prise alimentaire et de succion des nouveau-nés sont fréquents. Ils concernent notamment les prématurés (5 % des naissances), et peuvent avoir des causes diverses (hypoxie, maladies génétiques, maladies métaboliques, problèmes neurologiques…).
Le syndrome de Prader-Willi (SPW) est une maladie génétique orpheline (1/20 000 naissances) avec une atteinte du système nerveux. Elle se traduit dès la naissance, en autres symptomes, par une diminution importante du tonus musculaire (bébé mou, hypotonique) , des troubles de la succion et de la déglutition entraînant des difficultés pour se nourrir, la plupart du temps une mauvaise prise de poids dans les premiers mois de vie et par des problèmes d’élocution (dysarthrie) et de mastication. Le SPW nécessite alors, dans la plupart des cas, un gavage gastrique des bébés. A l’âge adulte, l’évolution du SPW est dominée par des troubles du comportement alimentaire et par l’aggravation d’une obésité.
Cette étude, sur l’animal, a prouvé avec succès que l’apport de cette hormone, connue également pour déclencher l’accouchement, rétablit un comportement alimentaire normal chez des souriceaux pour lesquels l’absence de reflexe de succion engage leur pronostic vital. L’équipe de chercheurs, en travaillant sur le rôle du gène Magel2 (un des gènes impliqués dans le syndrome de Prader Willi) a montré que l’absence de ce gène entraîne chez le souriceau des troubles sévères de la succion : les souriceaux ne se nourrissent pas et meurent. L’absence de ce gène Magel2 induit une baisse de la quantité d’ocytocine dans le cerveau des souris, cause des troubles de la succion.
Le rôle crucial de l’ocytocine dans l’activité de succion du nouveau-né, réflexe vital qui représente le lien relationnel le plus fort entre le bébé et sa maman, est ainsi mis en évidence. Ces résultats représentent un véritable espoir de traitement facile, non invasif et alternatif aux méthodes d’alimentation lourdes imposées au nouveau-né atteint du syndrome de Prader Willi ou à tout nouveau né qui présente à la naissance un trouble du comportement alimentaire similaire.
Chez la mère, cette hormone joue aussi un rôle dans la parturition, l’allaitement et l’attachement de la mère à son bébé.
Sources : Inserm, Human Molecular Genetics "A single postnatal injection of oxytocin rescues the lethal feeding behaviour in mouse newborns deficient for the imprinted Magel2 gene", Institut de Neurobiologie de la Méditerranée, communiqué Inserm mis en ligne par Alexis Yapnine, Santé log, le 20 octobre 2010 (Visuels Santé log Petite Enfance N°5- copyright Fotolia)
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Cette actualité a été publiée le 19/10/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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