SUPPRESSION DE POSTES A L'AP-HP : Refus du Président de la CME
Actualité publiée le 16-11-2009
Qualité des soins
Le professeur Pierre Coriat, président de la commission médicale d'établissement de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a assuré, dimanche 15 novembre, qu’il démissionnerait en cas de maintien du plan de suppressions de 1.150 postes en 2010. Ce plan fait suite au déficit estimé en mars de près de 100 millions d'euros en 2009 qui avait déjà fait envisager un plan de suppression de 700 emplois.
L’AP-HP assure des missions de soins, d’enseignement, de recherche médicale, de prévention, d’éducation de la santé et d’aide médicale urgente et constitue le centre hospitalier universitaire d’Ile-de-France. L’ensemble des spécialités médicales (52) y sont représentées, par 37 hôpitaux ou groupes hospitaliers et de l’Hospitalisation, 720 services médicaux organisés en 176 pôles.
Selon l’Etat prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) 2009, 700 suppressions d’emplois ont été actées. 228 millions d’euros d’économie sur les charges de personnel sont prévus dans le projet social 2009-2012, représentant la suppression de 5700 emplois. Ainsi le budget 2009 prévoyait des économies souhaitées par le Ministère de la santé de près de 60 millions d’euros au total, dont 46 millions sur la masse salariale.
En mars 2009, le collectif hospitalier de l’AP-HP regroupant les médecins, chirurgiens, pharmaciens, biologistes, odontologistes de l’Assistance publique avait affirmé leur opposition à la suppression des emplois médicaux et paramédicaux dans les hôpitaux pour des raisons purement comptables, non justifiée par des objectifs médicaux ou par une activité insuffisante : « cette réduction massive et programmée des personnels médicaux et paramédicaux ne peut qu’altérer la qualité des soins et réduire l’accès aux soins ».
Selon le Pr. Coriat, également chef du service anesthésie-réanimation de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière "Si on supprime 1.000 emplois soignants non-médicaux et 150 postes de médecins, cela va nuire à la qualité des soins". "Le projet actuel risque de casser l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Pour calculer le budget de l'hôpital, le ministère de la Santé a sous-estimé notre activité ». Rappelons que l’AP-HP employait 12 389 médecins en 2007 contre 12 272 en 1997, les effectifs globaux de 1997 à 2007 sont donc restés globalement stables ces dernières années sur les postes médicaux.
Le budget de l’AP-HP qui ne dépendait jusqu’à présent que du Conseil de tutelle (ministères de la santé et du budget) devrait passer sous l’autorité de l’agence régionale de santé (ARS) qui devra gérer l’enveloppe régionale budgétaire de l’ensemble des hôpitaux (AP-HP, public, privé). Cet amendement ramène les hôpitaux de l’assistance publique de Paris dans le droit commun. Le contexte actuel du projet médical, visant à l’amélioration de la qualité des soins, est donc très tendu en raison de la difficulté de la situation financière de l’AP-HP et des contraintes imposées par les tutelles (Ministère et ARS).
Mise en ligne : Maurice Chevrier, Santé log, le 15 novembre 2009 (Photo Ministère de la santé, vignette HAS)
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Cette actualité a été publiée le 16/11/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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