SYNDROME de KABUKI : Découverte du gène responsable des 2 tiers des cas
Actualité publiée le 16-08-2010
Nature Genetics
Des chercheurs de l'Université de Washington à Seattle ont découvert les mutations génétiques qui expliquent environ les 2 tiers des cas de syndrome de Kabuki, une maladie rare responsable d’anomalies congénitales multiples et de retard mental. Les résultats de la recherche, basés sur un mode de séquençage de l'ADN de 2ème génération, financé par le National Human Genome Research Institute (NHGRI- NIH) sont publiés dans l'édition avancée en ligne du 16 août de la revue Nature Genetics.
Le syndrome de Kabuki, qui a une incidence estimée de 1 sur 32.000 naissances, a été décrit par les scientifiques japonais en 1981. Les patients atteints de la maladie ont souvent des traits du visage qui ressemblent à du maquillage portés par les acteurs de Kabuki, une forme de théâtre japonais. Il associe un retard de croissance postnatal et un retard mental léger, une dysmorphie faciale, des anomalies cardiaques et squelettiques, et de nombreux autres signes. Le retard mental est faible à modéré, parfois compatible avec une scolarité presque normale moyennant une aide et un programme adaptés.
En utilisant un mode de séquençage de l'ADN de 2ème génération, rapide et moins coûteux, (Voir vidéo- cliquer sur l'image ci-contre) qui analyse des variations génétiques d'exomes humains soit environ 1 à 2% du génome humain contenant les gènes codant des protéines, les chercheurs ont pu isoler, un gène en particulier, dont les mutations seraient à l’origine des 2 tiers des cas de syndromes de Kabuki.
«Il est clair que les nouvelles technologies de séquençage de l'ADN sont des outils puissants et efficaces que les scientifiques peuvent utiliser pour accélérer la découverte de gènes impliqués dans les maladies rares, un effort qui, auparavant, était lent et coûteux", déclare le Dr. Eric D. Green, directeur du NHGRI. "La possibilité d'identifier rapidement les mutations de gènes causant plus de 6.000 maladies rares est une étape importante pour les chercheurs qui tentent d’améliorer les stratégies de soins pour ces maladies rares."
L’équipe de l'Université de Washington (Seattle) a séquencé les exomes de 10 patients atteints du syndrome de Kabuki. Partant du principe que le syndrome de Kabuki est causé par les altérations d’un seul gène, les chercheurs ont comparé ces exomes à la séquence du génome humain pour trouver des différences similaires pour les patients étudiés. Ils n’ont pas abouti à ce stade. Les chercheurs ont donc ensuite testé l'hypothèse que plusieurs gènes -et non un seul- pourraient être à l’origine du syndrome de kabuki. Ils ont alors identifié de nombreux nouveaux variants répartis sur 3 gènes dans 9 des 10 exomes, sur 6 gènes dans 8 exomes, et sur 16 gènes dans 7 exomes. Les chercheurs ont classé tous ces cas sur la base d’une évaluation du patient en fonction des caractéristiques du syndrome de Kabuki. Cette dernière analyse a abouti à un gène appelé MLL2.
Les mutations du gène MLL2 conduisent à la production d'une protéine non fonctionnelle qui ne permet pas à l'ADN à se rassembler sous une forme correcte et compacte. «Nos résultats suggèrent que des mutations du gène MLL2 sont une cause majeure du syndrome de Kabuki," conclut le co-auteur principal de l’étude, le Dr. Jay Shendure, professeur adjoint de sciences génomiques à l'Université de Washington.
«D'autres gènes peuvent provoquer des variantes du syndrome de Kabuki, environ un tiers des cas ne présentant pas de mutations du gène MLL2 »
Sources : National Institutes of Health (NIH) « Discovered gene causes Kabuki syndrome », Orphanet , mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 16 août 2010
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Cette actualité a été publiée le 16/08/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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