TABAC : Un taux de fumeurs qui DOUBLE chez les collégiens en 3 ans
Actualité publiée le 07-05-2010
PST
A l’âge de 14 ans, le taux de fumeurs quotidiens dépasse les 5% chez les élèves parisiens, à 17 ans, ce taux dépasse les 25%. Ce sont les tout derniers résultats de l’enquête de Paris Sans Tabac, la seule grande enquête réalisée en France depuis 20 ans avec la même méthodologie sur une population de collégiens et de lycéens. Son atout, apporter des résultats rapides. Son constat, une reprise catastrophique du tabagisme chez les jeunes. Sa conclusion, “inviter de façon urgente le gouvernement à modifier sa politique et à prendre des mesures significatives afin de relancer le contrôle du tabac en France pour la liberté et la santé de tous”.
Chaque année l’étude est réalisée sur un échantillon de 3.500 élèves par an de collèges et lycées parisiens, représentant environ 2 % de la population concernée, par questionnaire auto-administré. Ses résultats qui donnent une image du tabagisme des élèves des collèges et lycées publics et sous contrats de Paris, ont toujours, sur les grandes tendances, été confirmés par les grandes enquêtes officielles (Baromètre santé, ESPAD, ESCAPAD).
Jeunes, tabac et image sociale: La consommation tabagique des jeunes dépend essentiellement de l’image sociale des produits du tabac dans la société. Le tabac tue en France 15 fois plus que les accidents de la route et, avant de tuer le tabac coûte cher en maladies chroniques, aggravant l’évolution des diabètes, des hépatites ou de l’infection VIH, rendant inefficaces ou moins efficaces certains des traitements de la BPCO voire même certaines chimiothérapies et radiothérapies, augmentant le risque de maladie. Le tabac appauvrit les plus pauvres, amputant plus de 20 % du budget de 15 % des ménages. Mais, avant 18 ans, le tabac modifie les membranes des neurones de certaines zones du cerveau qui vont être marquées à vie, créant ainsi une dépendance qui privera les jeunes de la liberté de ne pas fumer.
Un renversement de tendance : En 2003-2004, la même étude avait constaté un effondrement de la consommation chez les adolescents parisiens, concommitante avec le premier plan cancer qui déclarait « la guerre au tabac », en 2008-2010, c’est une “reprise explosive” de la consommation avec le deuxième plan cancer, moins incisif sur les mesures de lutte adoptées contre la tabagisme.
Les premiers résultats 2010 de l’enquête Paris sans tabac confirment que la consommation quotidienne de tabac s’installe entre 13 et 17 ans puis augmente avec l’âge. Le taux de fumeurs chez les filles est légèrement supérieur à celui des garçons. A l’âge de 14 ans ce taux de fumeurs quotidiens dépasse les 5% chez les élèves parisiens, à 17 ans, ce taux dépasse les 25%. Ainsi, selon l’enquête, le taux de fumeurs aurait plus que doublé chez les collégiens entre 2007 et 2010. Ainsi, depuis 2007, l’étude constate des augmentations relatives de :
-de + 15 % chez les 16-19 ans (essentiellement lycéens)
-de +144 % chez les 12-15 ans (collégiens essentiellement).
Cette augmentation touche tout particulièrement les filles, avec une augmentation relative de + 28 % chez les filles de 16-19 ans et à plus qu’un doublement (+170 %) chez les filles de 12-15 ans.
De nouveaux modes de consommation se développent : La pratique de la chicha est de plus en plus fréquente : En 2010, dès 15 ans, plus de la moitié des filles et des garçons l’ont expérimenté. A 14 ans, 25 % des fumeurs consomment des cigarettes parfumées (roses pour les filles, noires pour les garçons). Des produits d’initiation à la cigarettes… Or l’on sait que commencer à fumer tôt rend dépendant plus vite et plus probablement dépendant à vie. En revanche, la consommation de cannabis reste stable depuis 2007 mais l’expérimentation de l’alcool est en augmentation constante.
“Il faudra tirer les leçons politiques des arbitrages présidentiels qui depuis 2 ans sont tous au fond « pro tabac », en violation avec la Convention Cadre Contre le Tabac ratifiée par la France. Depuis début 2008, on assiste à une dégradation de tous les paramètres touchant le tabagisme des jeunes. Cette dégradation fait suite à un renversement total de politique du gouvernement dont tous les arbitrages sont pris à l’Elysée et toujours en faveur des propositions de Bercy et non de celles du ministère de la Santé. Ainsi, pour le lancement du deuxième plan cancer, le conseiller social de la présidence de la République a reçu les buralistes mais a refusé de recevoir les médecins et associations luttant contre le tabac ! Les mesures prises pour le tabac, qui étaient importantes dans le premier plan cancer, sont presque inexistantes dans le second, aussi bien pour la prévention que le l’aide aux victimes de la dépendance tabagique.” L’Association PST cite ainsi l’effondrement des subventions destinées aux actions en direction des jeunes (Association FESTIF, actions Prevvadict-tabac ) et l’existence d’un lobbying pro tabac très actif, en particulier à l’Assemblée nationale.
“Nous invitons de façon urgente le gouvernement à modifier sa politique et à prendre des mesures significatives afin de relancer le contrôle du tabac en France pour la liberté et la santé de tous”, conclut l’Association, dirigée par le Pr Bertrand Dautzenberg, Professeur de pneumologie à la Pitié Salpêtrière.
Source : Office français de prévention contre le tabagisme, visuels PST, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 7 mai 2010 (Vignette http://www.tabac-info-service.fr/ )
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Cette actualité a été publiée le 07/05/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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