TABAGISME : SECOND-HAND SMOKE …and THIRD-HAND SMOKE
Actualité publiée le 11-01-2009
Santé publique
Evoquant l’ouverture à New York de l’Assemblée générale des Nations-Unies, en novembre dernier, le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, se félicitait de l’interdiction totale de fumer dans les locaux et les salles de réunions de l’ONU, déclarant : « L’Assemblée générale mérite des félicitations pour sa protection de la santé des délégués, des employés et des visiteurs : peu d’entre eux seront malades ou mourront prématurément, résultat de l’action de ce jour ».
En effet, cette décision de l’Assemblée générale impose une interdiction complète de fumer dans les locaux de l’ONU et d’y vendre du tabac. L’interdiction a pour but également de protéger les non fumeurs de ce qu’on appelle en France le tabagisme passif. Ce terme désigne l’inhalation involontaire des non fumeurs de la fumée de tabac rejetée par les fumeurs. Le problème a reçu divers noms selon les pays. Les premiers qui l’ont signalé dans les années 1970, des médecins canadiens, l’ont d’abord appelé fumée indirecte en français, puis l’anglais s’en est mêlé. Pour désigner le fait de fumer les cigarettes qu’on n’a pas allumées, on a exprimé le tabagisme passif par le terme second-hand smoke, ce qui signifie littéralement… fumée d’occasion (second-hand car : voiture d’occasion)…
Or, surprise ! Il existe une third-hand smoke, révèle un article diffusé sur le site du quotidien New York Times, qui vient d’être dénoncé par une équipe de médecins du Massachusetts General Hospital de Boston (Dr Jonathan P. Winickoff et coll.). Comme l’explique le journaliste : « Les parents qui fument souvent ouvrent une fenêtre ou allument un ventilateur pour assainir l’air pour leurs enfants, mais les experts (ceux de Boston) viennent d’identifier une menace pour la santé des enfants dont il n’est pas si facile de se débarrasser : la third-hand smoke, terme utilisé pour décrire l’invisible mais toxique mélange de gaz et de particules accrochés aux cheveux et aux vêtements des fumeurs, sans parler des coussins et moquettes, qui persistent longtemps après que la second-hand smoke ait quitté la pièce ».
Ces traces du tabagisme persistent et contiennent le même pouvoir toxique, du fait de leur composition, que le tabagisme direct et passif.Les non fumeurs, notamment les enfants, peuvent respirer et ingérer (par l’intermédiaire des mains), notamment losrqu’ils sont à l’âge de la marche à quatre pattes et du touche-à-tout…
Cet article fait état de l’étude des médecins de Boston parue dans la revue Pediatrics, dans laquelle ils disent qu’il manque un terme pour désigner ce tabagisme tertiaire, quasiment méconnu. C’est l’odeur de tabac que l’on respire dans un local, un ascenseur que viennent de quitter des fumeurs. L’étude se fonde sur des enquêtes téléphoniques dans 1 500 logements, dans lesquels le tabagisme passif et sa nocivité pour les enfants étaient connus des habitants fumeurs (84%) et non fumeurs (95 %), mais beaucoup moins savaient que « respirer aujourd’hui dans une pièce où l’on avait fumé hier » pouvait de même être nocif pour un enfant.
Cette découverte pour les fumeurs et les non fumeurs pourraient inciter ces derniers à ne plus fumer dans des locaux fréquentés par des enfants. La seule solution : aller fumer dehors, comme cela est imposé depuis un an en France pour les commerces, les cafés et restaurants et les lieux publics. Faudra-t-il une loi, ici aussi ?
Auteur : Maurice Chevrier, Santé log, mis en ligne le 9 janvier 2009
Source : Roni Caryn Rabin, New York Times, 3 janvier 2009. www.nytimes.com (rubrique Health)
OMS et tabac : http://www.who.int/tobacco/en/ http://www.who.int/fctc/en/index.html
Lire aussi : TOUTE RECENTE INTERDICTION DE FUMER AU SIEGE DES NATIONS UNIES à New York
Nos autres actualités sur le tabagisme : http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualites-sante-recherche.php?mot_rech=taba&zone_rech=titre&valider.x=38&valider.y=14
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Cette actualité a été publiée le 11/01/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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