TOXICOMANIE et « salles de shoot » : Création d’une mission parlementaire
Actualité publiée le 06-09-2010
Politique et santé
L'Assemblée nationale et le Sénat ont décidé le 7 septembre de créer une mission d'information parlementaire sur les toxicomanies, composée de 15 députés et de 15 sénateurs et qui réfléchira notamment à la question de l'ouverture en France de "salles de shoot". Une réponse au débat ouvert cet été à l’issue de la Conférence de Vienne sur le sida.
Sur un plan politique, dès mi-août, Le président du Sénat, Gérard Larcher, avait déjà proposé, face à la division du gouvernement, la création d'une mission parlementaire sur les salles de consommation de drogue : Car si Roselyne Bachelot avait accepté l’idée de l’ouverture des salles de shoot en France dès la Conférence internationale du sida en juillet et mi-août et avait évoqué l'intérêt de leur expérimentation, au même moment, le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), Etienne Apaire, avait déclaré « au nom du gouvernement », que l’expérimentation des centres de consommation supervisés ne se ferait pas. François Fillon s’était immédiatement également déclaré opposé aux « Salles de consommation à moindre risque » (SCMR), précisant que la priorité du gouvernement était "de réduire la consommation des drogues en France, non de l'accompagner voire de l'organiser".
Sur le plan scientifique, l’Inserm, dans son rapport d'experts publié le 24 juin dernier, indique:« Afin d’être réellement efficace, la politique de réduction des risques doit prendre en compte les changements des pratiques (produits et modalités de consommation), des profils des consommateurs ainsi que des contextes de consommation ». Ce même rapport indique que tous les CIS évalués ont fait la preuve de leur capacité à assurer un fonctionnement stable, garantissant de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité pour les usagers et le personnel, de leur impact sur la réduction de la morbidité et de la mortalité associées aux overdoses et sur la promotion de l’hygiène de l’injection (lavage des mains, désinfection).
Ailleurs, dans le monde, aujourd’hui, 8 pays : Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Suisse ont créé des « centres d’injection supervisés », avec pour objectif une réduction des risques et des dommages pour les usagers de drogues et pour la communauté. En France, plusieurs centres d’accueil fournissent du matériel d’injection stérilisé, mais il y est strictement interdit de consommer. Au Luxembourg, un tel centre fonctionne depuis 2005, un second est en projet.
Mais l’opinion publique reste réservée : Le sondage Ifop du 19 août dernier, donnait sur 1.007 personnes interrogées, 53% favorables à l’ouverture de ces salles de shoot. Cette courte majorité s’explique par la crainte de cet accès libre qui serait donné aux usagers de drogue pour consommer, donc avec leur drogue, même si cette consommation restait sous contrôle médical et sanitaire.
25% des personnes infectées par le VIH sont des usagers de drogues par voie veineuse.
En 2004, les estimations de prévalence du VIH sur les usagers de drogue (Enquête Coquelicot) étaient de 11 %.
Source : Communiqué Asud (Visuels) (Pierre Chappard), Inserm « Rapport sur la réduction des risques », mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, Le 7 septembre 2010
Lire aussi : SALLES de SHOOT : La politique prime-t-elle sur la Santé ? -
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Cette actualité a été publiée le 06/09/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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