TRANSMISSION du VIH : La circoncision ne réduit pas le risque
Actualité publiée le 21-07-2009
Prévention
Le Lancet vient de publier, une étude dont les conclusions contredisent les recommandations actuelles de l’OMS qui comme ONUSIDA recommande encore la circoncision pour réduire le risque d'infection au VIH : « La circoncision des hommes séropositifs ne protège pas les femmes du VIH ». En Afrique, principal foyer du VIH, les deux tiers des hommes sont circoncis mais la circoncision reste source d’effets indésirables graves, faute de formation et d’équipements sanitaires. La piste d’une circoncision plus médicalisée et plus généralisée, envisagée par l'OMS pour la prévention de la transmission du VIH aux femmes, est donc remise en question.
C’est en Afrique que le VIH est le plus répandu et deux tiers des Africains sont circoncis, la plupart l’ayant été par des praticiens traditionnels ou non qualifiés, dans le cadre de structures informelles. La sécurité de la circoncision dans les communautés où elle est déjà largement pratiquée doit être prise en compte.
Selon l’OMS, la circoncision masculine réduit le risque d’acquisition du VIH d’environ 60 %. Ce sont les conclusions de 3 études réalisées au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud, en 2005 et 2007. Des services de circoncision masculine sont en cours d’introduction depuis 2008 en Afrique sub-saharienne. L’OMS posait, en 2008 la question d’une pratique sécurisée et plus généralisée de la circoncision dans un objectif de réduction de la transmission du VIH.
Selon ONUSISA, également.
Mais la circoncision est source d’effets indésirables dans 18 à 35% des cas : C’est une étude menée au Kenya, où la circoncision masculine est universellement pratiquée, portant sur un échantillon de 1007 hommes interrogés 1 à 3 mois après leur circoncision.
Parmi les 443 hommes ayant subi une circoncision traditionnelle, 156 (35,2 %) avaient souffert d’effets indésirables contre 99 des 559 (17,7 %) hommes circoncis médicalement. Conclusion: Les connaissances, la formation des praticiens, le matériel étaient souvent insuffisants.
L’étude publiée dans The Lancet, effectuée en Ouganda par des chercheurs de la Bloomberg School of Public Health de Baltimore et de University School of Public Health, Kampala (Ouganda) a porté sur 922 hommes non circoncis et tous atteints par le VIH séparés en 2 groupes, les hommes du 1er groupe étant circoncis rapidement, les hommes du second groupe n’étant circoncis qu’après l’échéance de l’étude, 2 années plus tard. Les partenaires des hommes retenus dans l’étude ont été suivies 6, 12 et 24 mois plus tard. La prévalence du VIH s’est avérée plus élevée dans le groupe des partenaires des hommes circoncis (18%) que dans le groupe des partenaires des hommes non circoncis (12%). L’étude conclut donc que La circoncision d'hommes infectés par le VIH ne réduit pas la transmission du VIH à leurs partenaires féminines sur 24 mois. La reprise de relations sexuelles trop précoces après la circoncision explique le plus fort taux de transmission des hommes récemment circoncis à leur partenaire.
Tout récemment, l’OMS a pris en compte des recherches récentes, concluant qu’un démarrage plus précoce du traitement pourrait être intéressant pour la prévention, aussi bien sur le plan individuel que sur celui de la santé publique (1).
 Sources : The Lancet, accéder à l’abstract de l’article «Male circumcision and HIV risks and benefits for women » paru dans le Lancet du 18 juillet 2009 : http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(09)60998-3/abstract , OMS.
Mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 20 juillet 2009 (Poster OMS, vignette Leem-EFPIA)
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Cette actualité a été publiée le 21/07/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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