TRAUMATISMES DE L’ENFANCE : Ils augmentent le risque de suicide
Actualité publiée le 23-02-2009
Etude
Les traumatismes de l’enfance ont un effet permanent sur les gènes et le cerveau. Ce sont les conclusions d’une étude réalisée par une équipe de l'Université McGill, l’un des plus anciens et des plus prestigieux établissements universitaires de Montréal qui vient d’être publiée par Nature Neuroscience dans son édition « on line » du 22 février. Cette étude confirme les effets des traumatismes précoces dans le cerveau des suicidés.
Il semblerait que les traumatismes de l’enfance puissent altérer l’ADN et influencer le fonctionnement des gènes qui contrôlent la réponse au stress. Le fonctionnement de l’ADN ne semble donc pas figé et ses interactions avec l’environnement ont un impact dans la capacité de résistance au stress et donc dans le risque de suicide.
Comment les chercheurs ont-ils identifié ces interactions entre le fonctionnement de l’ADN et l’environnement ?
Grâce à la découverte de différentes marques « épigénétiques » c'est-à-dire traduisant des changements dans la fonction des gènes qui n’entraînent pas de modifications dans les séquences de l’ADN.
Ces marques étaient décelables dans les seuls 12 cerveaux des sujets suicidés victimes dans leur enfance de mauvais traitements. En influant sur le fonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) qui fournit à l’organisme, à travers un relâchement d’hormones, la capacité de s’adapter à des événements imprévus, elles réduisent la capacité du sujet à « résister au stress ».
L’ADN transmis par les parents, reste le même toute la vie, toutefois, pendant la grossesse et au tout début de la vie, les gènes sont sensibles à l’environnement. Chez l’enfant, les mauvais traitements influencent le marquage épigénétique et altèrent les réponses au stress modulées (par l’axe HHS) et augmentent le risque de suicide.
Cette étude réalisée sur les tissus du cerveau peut contribuer à aider les personnes en détresse susceptibles de se suicider.
« L’expérience clinique nous a appris qu’une enfance difficile peut avoir des conséquences sur le cours de la vie», souligne l’un des chercheurs.
Accéder à l’article de Nature Neuroscience: Epigenetic regulation of the glucocorticoid receptor in human brain associates with childhood abuse http://www.nature.com/neuro/journal/vaop/ncurrent/full/nn.2270.html
Mis en ligne Maurice Chevrier, santé log, le 23 février 2009
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Cette actualité a été publiée le 23/02/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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