TUBERCULOSE : A trop parler de vaches, on en oublie l'Homme
Actualité publiée le 27-08-2010
Assemblée nationale
Si plusieurs cas de tuberculose bovine ont été détectés en Ariège et nécessiteront l'abattage de 140 bêtes, on oublie que près de 6.000 cas de tuberculose sont recensés chaque année en france, sur l'Homme. On oublie que les risques de la tuberculose bovine pour l'Homme sont extrêmement faibles. Il y a juste 3 ans cet été la France tournait le dos à sa politique presque centenaire de vaccination systématique des enfants contre la tuberculose par le BCG en décidant de ne la réserver qu’à des enfants à risque de contracter la tuberculose, ce risque devant être évalué, repéré ou dépisté par les services médico-sociaux. Pourtant, cette nouvelle stratégie ne rassure toujours pas l’ensemble des responsables nationaux, notamment les politiques. La question a été posée à Mme Bachelot par Mme Bérengère Poletti, député, question motivée par un constat : la tuberculose reste implantée en France, et ce recul (apparent) de la politique vaccinale n’est pas propre à y répondre…Alors, prenons un peu de recul avec la tuberculose bovine.
Evoquant le bilan épidémiologique de la tuberculose-maladie (cas déclarés) pour la France, à partir des données les plus complètes possibles de 2008, l’Institut de veille sanitaire (InVS), fournissent le chiffre de 5.758 cas.
Du fait de la persistance de la tuberculose dans de nombreuses régions, et notamment dans les zones urbanisées, il semblerait urgent, dit la parlementaire, d’élaborer un programme de lutte contre la tuberculose, avec notamment une meilleure prise en charge des moyens de lutte et de politique vaccinale, et un renforcement de la prévention et de la vaccination.
L’obligation de la vaccination des enfants par le BCG a été suspendue le 11 juillet 2007, le ministère de la Santé ayant pris l’avis du Comité technique des vaccinations, composé de spécialistes de vaccinologie et d’épidémiologie. A la même époque, le vaccin adoptait la forme injectable en sous-cutané – au grand émoi des pédiatres, jusque là habitués à la facilité d’usage de la bague vaccinante. Changement justifié par la nécessité de savoir quelle dose de vaccin on injectait, ce qui était impossible avec la bague.
Plusieurs éléments justifiaient cette décision explique le ministère de la Santé : baisse régulière de l’incidence de la tuberculose (nombre de cas annuels déclarés) en France au cours des dernières décennies ; rapport bénéfice/risque du BCG devenu défavorable ; limite de l’efficacité du vaccin (baisse du rapport coût/efficacité).
La vaccination systématique obligatoire a donc été remplacée par une recommandation forte faite aux familles et aux professionnels de santé, mais on sait pour les autres vaccinations fortement recommandées, il y a déficit de couverture – notamment pour la rougeole. Y a-t-il un risque que les enfants les plus… à risque de tuberculose échappent au BCG dès la naissance ?
Peut-être pas, car des échos épidémiologiques satisfaisants parviennent de sources autorisées, tel l’Institut de veille sanitaire (InVS), qui a réalisé en juin 2009 une enquête rendue publique en février dernier. Elle a porté sur les vaccinations réalisées chez les nouveau-nés suivis dans les Centres de Protection maternelle et infantile (PMI). Cette enquête a confirmé que la couverture des enfants par le BCG est élevée. Pour des faire, l’InVS a analysé les comptes rendus des certificats de santé des 9e et 24e mois en PMI (CS 9 et CS 24). Or les PMI proposent évidemment aux familles le vaccin puis son rappel, qu’ils soient réalisés sur place ou que les familles soient dirigées vers le médecin traitant ou un Centre de santé (ex-dispensaires).
Et les nourrissons suivis en PMI ? Constituent-ils une population de référence pour la couverture vaccinale BCG ? Oui, car pour le CS 9 les PMI voient 70 % des enfants français et 71 % pour le CS 24, au total 70 % des petits Français sont vus au début de leur vie en PMI…
Il n’en reste pas moins que la lutte anti-tuberculose ne doit pas marquer le pas, car si la France est un des pays du monde les moins touchés (5.758 cas en 2008), la refonte du système de prévention et de dépistage en 2007, avec l’implémentation des Centres de lutte antituberculeuse régionaux, les CLAT, il faut renforcer prévention, dépistage et traitements pour tenter d’abaisser encore l’incidence de la tuberculose en France.
Le Haut Conseil de la Santé va évaluer les résultats du nouveau programme de lutte antituberculeuse, les résultats de la levée de l’obligation vaccinale, la nécessité de mesures rectificatives des décisions de 2007. Bref, on n’a pas fini de parler de la tuberculose. Chez l'homme bien sûr.
Sources : Journal Officiel, questions écrites aux ministres, août 2010, Dernier rapport sur la Tuberculose de l’InVS, mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, réactualisé le 25 août 2010
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Cette actualité a été publiée le 27/08/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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