TUBERCULOSE : La PHARMACORESISTANCE atteint des niveaux record
Actualité publiée le 20-03-2010
MDR/XDR
L’OMS alerte sur le développement des formes résistantes de tuberculose dans le monde. Un quart des personnes atteintes de tuberculose (TB) le seraient par une forme résistante aux médicaments standards, selon le nouveau rapport de l’Organisation. Un niveau encore jamais atteint, qui pose aussi la question du coût des traitements, parfois jusqu’à 200 fois plus élevés pour traiter une forme pharmacorésistante de la maladie. De plus, seuls 7% des patients présentant une tuberculose multirésistante seraient diagnostiqués…
L’OMS alerte ainsi, à titre d’exemple, sur la situation en Fédération de Russie où 28% des personnes nouvellement diagnostiquées avaient contracté une forme multi-résistante de la maladie, en 2008. C'est le plus haut niveau jamais signalés à l'OMS. En 2008, on comptait environ 9,4 millions de nouveaux cas estimés de tuberculose ayant entraîné 1,8 million de décès. 440.000 nouveaux cas de tuberculose multirésistante(1) ont été recensés sur un an, entraînant 150.000 décès. Il y aurait, seln l’OMS, environ 25.000 nouveaux cas par an de tuberculose à bacilles résistants(2), la plupart mortels et signalés dans 58 états membres.
Plusieurs types de pharmacorésistance :
(1)La tuberculose multi-résistante (MDR-TB) est provoquée par des bactéries qui sont résistantes au moins à l'isoniazide et à la rifampicine, les médicaments les plus efficaces contre la tuberculose. Cette forme de tuberculose peut se contracter, soit par primo infection soit se développer durant le traitement.
(2)La tuberculose à bacilles résistants (XDR-TB) est une forme de tuberculose provoquée par des bactéries qui sont résistantes à l'isoniazide et la rifampicine mais également à toute fluoroquinolone et aux médicaments « anti TB » injectables (amikacine , kanamycine ou capréomycine). Ces deux formes de tuberculose ne répondent pas aux traitements habtuels, sur 6 mois. Leur traitement peut nécessiter jusqu'à deux ans ou plus de médicaments plus toxiques et beaucoup plus coûteux, jusqu’à 200 fois plus onéreux qu’un traitement « classique ».
Le dernier Rapport mondial sur la surveillance de la TB, évalue à 440.000 personnes touchées par une forme multi-résistante en 2008, causant le décès d’un tiers d’entre elles. L'Asie est la principale victime de l'épidémie, avec près de 50% des cas de cette forme de TB (MDR-TB) concentrés en Chine et en Inde. En Afrique, des estimations indiquent 69.000 cas rencontrés par jour (Voir carte ci-contre).
Des programmes de lutte antituberculeuse montrent des signes encourageants : Deux régions de la Fédération de Russie ont réussi à obtenir une baisse remarquable de la MDR-TB en5 ans. Les Etats-Unis, la Chine et Hong Kong également. Mais les progrès restent lents dans la plupart des autres pays, s’inquiète l’OMS. Au niveau mondial, 60% des patients traités sont guéris, mais seuls 7% des patients atteints de MDR-TB seraient diagnostiqués.
Un besoin urgent de laboratoires, d'accès à un diagnostic rapide et à de nouveaux traitements plus efficaces et plus courts : L'OMS s’est ainsi engagée dans un projet sur 5 cinq visant à renforcer les laboratoires d’analyse de la tuberculose avec tests rapides dans près de 30 pays et travaille avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et la communauté internationale pour accroître l'accès aux traitements.
VIH/TB : Enfin, le rapport fait ressortir plusieurs raisons pour lesquelles, la tuberculose pharmacorésistante peut être associée avec le VIH, notamment dans certains pays d'Europe orientale. Mais les données manquent encore, depuis 1994, seulement 59% de tous les pays du monde ont été en mesure de collecter des données de haute qualité représentative sur la résistance aux médicaments.
Source : OMS, Rapport Multidrug and extensively drug-resistant TB [pdf 852kb], mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 19 mars 2010 (Visuel World Lung Foundation)
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Cette actualité a été publiée le 20/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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