TUBERCULOSE : LA STRATEGIE DOTS, cette inconnue
Actualité publiée le 22-12-2009
OMS
Positif, mais… peut mieux faire, bien sûr. L’année 2009, s’est terminée sur un bilan de la tuberculose positif dans le monde, on le sait, pour l’OMS, qui a publié ce mois-ci ses dernières statistiques portant sur les quinze années écoulées. Mais si le traitement moderne de la tuberculose est efficace, grâce à un arsenal antibiotique ciblé, il reste que « des millions de personnes n’ont toujours pas accès à des soins de qualité », selon les termes de l’OMS, il reste aussi à généraliser à la planète la stratégie DOTS, créée spécialement pour la prise en charge de la tuberculose et qui devrait éviter ces catastrophes appelées TBMR : tuberculose à bacille multi-résistants et tuberculose ultra-résistante : TBUR.
La stratégie DOTS, bras armé du programme « Stop TB » (Halte à la tuberculose), signifie « Direct observed treatment short-course » soit traitement court (mais efficace !) sous surveillance directe (des soignants), car le fléau le plus lourd ici est la rupture de l’observance – volontaire, par manque d’information le plus souvent, involontaire par difficulté d’accès aux médicaments, ou simplement à des structures de soins. DOTS, qui peut aussi bien s’appliquer chez nous que dans les pays en développement, ne renchérit pas le coût global du traitement. Il faut simplement – si l’on peut dire – un personnel soignant en suffisance…
La disponibilité de laboratoires d’analyses pour le dépistage et le diagnostic d’une part, le suivi thérapeutique d’autre part, est une nécessité absolue pour une lutte efficace contre la tuberculose. Ainsi les pays en développement ont autant besoin de médicaments et de personnels médicaux et paramédicaux (qui ne choisissent pas d’aller travailler hors de leur pays) que de biologistes et de matériel d’analyse.
La stratégie DOTS, Proposée pour la première fois il y a quinze ans, est en fait un des éléments-clés d’une stratégie plus globale de l’OMS. Pour assurer la poursuite de cette stratégie, l’OMS a clairement défini cinq exigences : un engagement politique accompagné d’un financement accru et durable ; le dépistage des cas (latents ou évidents) par un examen bactériologique de qualité avérée ; le traitement standardisé et supervisé, accompagné d’un soutien au patient ; un système efficace d’approvisionnement et de gestion des médicaments; un système de suivi et d’évaluation, mesurant l’action du traitement.
S’attaquer parallèlement à ces fléaux chroniques, permettra d’avancer rapidement : la co-infection TB/VIH, la TBMR, la TBUR… et autres défis. En plus d’apporter sur le terrain des équipes soignantes et des contingents de médicaments et de tests/matériels de biologie, on ne doit pas oublier que les pays développés doivent contribuer au renforcement des systèmes de santé, notamment à l’organisation et au fonctionnement de structures d’accueil là où on en manque encore : c’est l’hôpital qui doit aller à la population, et non le contraire… quand se rendre dans un centre de soins suppose de faire des dizaines de kilomètres…
Il est utile de rappeler le bilan publié début décembre par l’OMS : en 15 ans, quelque 36 millions de personnes ont été guéries de la tuberculose grâce à DOTS, « une méthode rigoureuse de traitement ». Le taux de guérison est de 87 % des patients traités, la cible souhaitable de 85 % a été dépassée pour la première fois dans 53 pays.
Mais on ne doit pas ignorer cet autre cri d’alarme de l’OMS : si nous n’avons pas d’aide pour combler notre déficit de 2 milliards de dollars (du programme Stop TB) et financer les soins et la lutte en 2010, les plus vulnérables n’auront toujours pas droit aux avantages dont tant d’autres ont déjà bénéficié…
Source : Organisation mondiale de la Santé, Genève, mise en ligne Louis-Marie Sibuée, Santé log, le 22 décembre 2009
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Cette actualité a été publiée le 22/12/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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