TUMEUR CEREBRALE DETRUITE AU LASER : L’APPORT DE L’IRM
Actualité publiée le 09-09-2008
La récente publication par une équipe de neurochirurgie française (1) des résultats d’une étude-pilote, étude de taille réduite destinée à évaluer une nouvelle technique de traitement, son efficacité et sa faisabilité (donc sa reproductibilité), en l’occurrence ici le traitement par hyperthermie laser d’une métastase cérébrale focalisée (non diffuse, donc plus facile à cibler), a permis aux media d’insister sur le caractère non invasif de la procédure.
En fait, c’est aussi l’apport décisif de la technique d’imagerie utilisée qui mérite ici d’être souligné dans la réalisation de cette première mondiale… concernant une tumeur cérébrale résistant aux médications anticancéreuses classiques : chimiothérapie, irradiation crâne entier…
En effet, il faut souligner que l’équipe française (Alexandre Carpentier et coll.) a utilisé cette technique comme alternative à la médication classique, ici sans activité, la technique en question n’étant pas non invasive (invasive : ouverture de la boîte crânienne), mais mini-invasive, celle-ci étant déjà utilisée pour le traitement d’autres tumeurs (introduction dans un organe ou une cavité d’un cathéter ou d’un dispositif comme vecteur du moyen de traitement).
L’apport considérable de l’imagerie en résonance magnétique est lié à sa capacité de faire apparaître de façon claire et détaillée les différentes parties d’un tissu organique avec une nette séparation des différences de densité des tissus différencies (nuances de blancs, de gris et de noirs), ce qui permet de repérer et de localiser exactement une métastase, par exemple.
On a ainsi la possibilité d’offrir à des patients non opérables (trépanation) une alternative non traumatique, en utilisant la technique de la stéréotaxie, qui permet de repérer le site exact à traiter, on peut introduire sous anesthésie locale un laser à fibre optique dans le cerveau en guidant sa progression sur l’écran de l’appareil d’IRM en continu, qui n’a pas l’effet irradiant de la radiographie. Quand le site tumoral est atteint, l’énergie laser est libérée in situ uniquement, sans léser les tissus adjacents. Ce traitement par hyperthermie (thermal therapy) est suivi d’analyses des images post-traitement, toujours en IRM, à 7, 15, 30 et 90 jours après la procédure. A première vue, le volume du site traité semblait avoir augmenté de volume, puis on a observé une réduction graduelle et régulière de ce volume. Aucune récidive de la tumeur n’a été notée dans la zone traitée par hyperthermie.
Dans tous les cas traités, la procédure a été bien tolérée, sans effet secondaire, et les patients ont pu regagner leur domicile un peu plus d’une demi-journée après la fin de l’intervention. Dans cette étude-pilote, quatre patients, porteurs au total de six métastases, ont été traités. La conclusion des neurochirurgiens français la procédure d’hyperthermie au laser guidée par IRM est un traitement nouveau efficace des métastases cérébrales focalisées. Elle prélude le développement de diverses interventions sous IRM à crâne fermé (closed-head interventional MRI).
Auteur : Jean-Marie Manus, conseiller en santé publique, Santé log
(1) Carpentier, Alexandre.; Itzcovitz, Julian; Payen, Didier,; George, Bernard; McNichols, Roger; Gowda, Ashok; Stafford, R. Jason; Guichard, Jean-Pierre; Reizine, Daniel; Delaloge, Suzette; Vicaut, Eric, Neurosurgery. 63(1) Operative Neurosurgery Supplement 1:ONS21-ONS29, 2008.
Publié le 7 septembre 2008 |