UE et H1N1 : L'APCE demande des garanties
Actualité publiée le 28-06-2010
APCE
Des garanties contre « l’influence d’intérêts particuliers », réclame, au 25 juin, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) au terme de son débat sur la gestion de la pandémie H1N1. Etablissement d’un fonds public pour soutenir des études, des essais et des avis d’experts indépendants, mise en place d’une contribution obligatoire de l’industrie pharmaceutique pour ce financement, l’APCE publie toute une série de recommandations à l’attention des Etats européens, de l’Industrie et…des médias.
Les conclusions de sa Commission de santé, qui avaient été publiées le 4 juin dernier affirmaient que cette pandémie n’avait jamais vraiment existé, qualifiait la gestion de la pandémie H1N1, de “gaspillage”, face à une gravité de la pandémie largement surestimée par l’OMS et un manque de transparence des institutions dans les processus décisionnels. La perte de confiance des citoyens dans les avis des grands organismes de santé publique pourrait se révéler « désastreuse » en cas de future pandémie grave, a lancé la Commission.
L’OMS et les institutions sanitaires européennes, souligne le texte adopté, se sont montrées réticentes à publier les noms et les déclarations d’intérêts des membres du Comité d’urgence de l’OMS et des organes consultatifs européens directement impliqués dans la préparation des recommandations relatives à la pandémie. L’OMS a eu une attitude « défensive » et n’était pas disposée à reconnaître que la définition de la notion de pandémie avait été modifiée ni à revoir son pronostic concernant l’ampleur de l’épidémie de grippe porcine.
Début juin, le British Medical Journal publiait les résultats d’une enquête portant sur certains experts de l’OMS intervenus sur la question des vaccins et des antiviraux et soulèvait des questions troublantes sur la manière dont l'OMS a géré les conflits d'intérêt de ses experts.
L’Assemblée européenne vient donc de formuler une série de recommandations urgentes, en faveur d’une plus grande transparence et d’une meilleure gouvernance en matière de santé publique et préconise des garanties contre « l’influence d’intérêts particuliers »: Elle en appelle également aux Etats membres afin de lancer des processus d’évaluation critique au niveau national, d’élaborer des systèmes de garantie contre l’influence abusive d’intérêts particuliers, d’envisager l’établissement d’un fonds public pour soutenir des études, des essais et des avis d’experts indépendants, qui pourraient être financés par le biais d’une contribution obligatoire de l’industrie pharmaceutique. Elle recommande aux Etats de garantir que le secteur privé ne tire pas un profit abusif des alarmes de santé publique et ne parvienne à se dégager de ses responsabilités en vue de privatiser ses gains, tout en partageant les risques.
Enfin, l’Assemblée invite l’industrie pharmaceutique, sociétés et associations comprises, à réviser leurs règles et leur fonctionnement en matière de coopération avec le secteur public, en vue de garantir le plus haut degré de transparence et de responsabilité sociale de la part des entreprises lorsque de grandes questions de santé publique sont en jeu.
Sur le plan communication, la Commission européenne lance également un appel aux médias afin d’éviter « le sensationnel et les discours alarmistes » dans le domaine de la santé publique.
Source: Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, réactualisé le 27 juin 2010 (Vignette Biondvax)
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Cette actualité a été publiée le 28/06/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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