Un nouveau type de SOMNIFERE pour…FAIRE UNE NUIT COMPLETE
Actualité publiée le 01-07-2009
Thérapeutique
Au congrès SLEEP 2009, 23e Réunion annuelle des sociétés associées des professionnels du sommeil américains (Seattle), tout le monde ne dormait pas : Somnus Therapeutics a présenté une révolution : un hypnotique (somnifère) pour traiter l’éveil nocturne avec difficulté à se rendormir. C’est l’éveil MOTN des hypnologues américains : le middle of the night awakening. Ainsi en prenant un somnifère au coucher, celui-ci ne va agir que sur le MOTN ? Réponse : tout est dans la pharmacodynamique du zaleplon.
Les troubles du sommeil (insomnies ou dyssomnies) comprennent essentiellement : la difficulté d’endormissement (assoupissement), l’éveil nocturne et le réveil précoce. L’éveil nocturne avec difficulté à se rendormir est le trouble qui laisse le plus de fatigue dans la journée, ce qu’on appelle là-bas la next-morning hangover, littéralement : la gueule de bois du matin suivant…
En développant une formule galénique à libération prolongée (controlled-release formulation), on éviter l’effet immédiat : l’endormissement artificiel, mais en revanche un mode d’action dans les 3 à 5 heures qui suivent l’endormissement. L’action du zaleplon ne dure pas au-delà de cette période nocturne critique, si bien qu’au réveil (normal), le dormeur ne ressent plus les effets de son somnifère. C’est bien d’une révolution qu’il s’agit dans le traitement des insomnies !
Comme le soulignait un récent article de la revue BioWorld Today, spécialisée dans les biotechnologies, le « marché de l’insomnie » est dominé par des blockbusters (zolpidem, zopiclone) qui ont comme objectif d’aider les patients à s’endormir (fall asleep), notamment les benzodiazépines, le zaleplon est un somnifère non benzodiazépinique spécifiquement conçu pour le maintien du sommeil (sleep maintenance) c’est à dire maintenir le patient endormi.
Somnus (c’est le nom du dieu latin du sommeil) a acquis auprès de Skye Pharma les droits du zaleplon peu de temps après sa création par Gary Cuprit, PDG, à Bedminster (New Jersey). Il expliquait ainsi à BioWorld Today : « L’un des plus grands problèmes avec les médicaments du sommeil existants est que vous avez besoin d’une durée de sommeil suffisamment longue pour éviter la gueule de bois du sommeil ». C’est à dire qu’il faut au moins 8 heures de sommeil pour éviter les effets résiduels du somnifère : réveil difficile, somnolence une partie de la journée.
Cette insomnie est une plainte fréquente de sujets qui par ailleurs n’ont pas de troubles du sommeil. Les deux tiers des sujets se disant insomniaques auraient un problème de maintien du sommeil. De ce fait, la conséquence typique de ce type d’insomnie est la fatigue dans la journée avec de moins bonnes performances intellectuelles, une moindre productivité professionnelle et une baisse de vigilance pouvant poser un problème de sécurité. Elle semble favorisée par l’obésité, les troubles de l’humeur, la douleur chronique, plus mal vécus lors des éveils nocturnes.
Le zaleplon est une molécule de la classe des modulateurs des récepteurs du GABA (gamma amino-butyric acid, neuromédiateur central), à demi-vie courte (1 h), peu addictive (faible accoutumance), sans effet résiduel au réveil, d’abord utilisée pour induction de l’endormissement avant son adaptation galénique (systèle GeoClock, Skye Pharma) à l’éveil nocturne. Somnus étudie son adaptation au traitement des troubles du sommeil dus aux 3x8 ou au décalage horaire.
A SLEEP 2009, une étude française de pharmacologie a confirmé le potentiel du zaleplon. Pour Rémy Luthringer, directeur FORENAP, Institut pour la recherche en neurosciences et en neuropsychiatrie de Rouffach, « le maximum de sédation est obtenu entre 3 et 5 h après administration sans effet résiduel 8 heures après l’administration ».
Auteur : Louis-Marie Sibuée, Santé log, mis en ligne le 1er juillet 2009 (Vignette Somnus, dépliant INPES)
Sources : www.somnusthera.com . - www.sleepmeeting.org
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