UNICEF en HAÏTI : Des classes « multigrades » pour tous les enfants
Actualité publiée le 01-03-2010
Veille ONU
Depuis le 22 février dernier, c’est une école d’un nouveau genre, constituée de classes « multigrades » qui privilégie les aspects émotionnels et sociaux. Une stratégie ambitieuse de l’Unicef, en Haïti, qui va au delà d’un simple retour à l’école, mais tente de scolariser tous les enfants. Or, avant le séisme, seule la moitié des enfants en âge d'aller à l'école primaire y étaient inscrits. Occuper les enfants, leur permettre de rester en contact avec des activités de formation, c’est l’objectif que se sont fixés les responsables de l’UNICEF, de la Croix Rouge Allemande de la Croix-Rouge haïtienne afin que les enfants de ce camp retrouvent petit a petit le goût de l’apprentissage.
L’Unicef fournit des équipements scolaires, des tentes, des kits “écoles en boîte”, mais surtout évalue les besoins, les sites d’installation des écoles temporaires et travaille avec le gouvernement à un plan de reconstruction national. Des tentes, des bancs -bien qu’ils ne soient pas encore utilisés- et du matériel pédagogique ont été remis aux responsables du groupe d’appui psychosocial par l’agence des Nations Unies. Les écoles des zones non affectées ont commencé à rouvrir.
Selon la Mission de l’ONU en Haïti (MINUSTAH), de nombreux parents se présentent au Centre Sportif de Carrefour en Haïti, au sud de Port au Prince, qui abrite le site d’hébergement provisoire où se déroulent des activités socio-éducatives pour les enfants. « Ce serait bien que ma fille puisse également participer à ces activités. Depuis le tremblement de terre, elle est à la maison et s’ennuie», explique une mère de famille.
« Les classes multigrades », c’est sous cette appellation qu’est connue l’initiative mise en place par le groupe d’appui psychosocial de la Croix-Rouge haïtienne et de la Croix rouge allemande. Les soins de santé donnés aux sinistrés ont laissé place à d’autres types de besoins : Cet appui aux enfants d’âge scolaire est axé sur des activités sociales et récréatives qui doivent permettre aux enfants de continuer à se former mais en privilégiant les aspects émotionnels et sociaux. Causeries, chants et activités physiques figurent au programme de cette école pas comme les autres. Et les petits, quant à eux, ne demandent pas plus pour être heureux. Ils sont près de 500, du camp et des environs, à y prendre part.
L’importance des activités physiques : « Dans de pareilles circonstances, les activités physiques sont plus que jamais nécessaires. Le corps a besoin de libérer les tensions accumulées. Les enfants aussi ont beaucoup de stress et l’exercice physique leur fait grand bien », explique un des animateurs.
D’importants besoins primaires de la population haïtienne restent non satisfaits, d’où le nouvel appel de fonds lancé par l’ONU le 18 février dernier qui vise à répondre aux besoins humanitaires de trois millions de personnes directement touchées, ainsi que des communautés qui accueillent les populations déplacées. Il s’agira de mettre l'accent sur l'assainissement, la sécurité alimentaire, l'eau, la gestion et l'enlèvement des débris et des abris de transition. 3,7 millions de personnes ont pu bénéficier d’une aide alimentaire et 102 centres de soins ambulatoires traitent aujourd’hui la malnutrition aiguë sévère, avec 18 unités mobiles opérationnelles à travers le pays. 850.000 personnes reçoivent 5 litres d'eau par jour, représentant 83% de la population cible. Enfin, le pôle Santé de Minustah alerte sur le risque d’une épidémie de diarrhée à grande échelle, étant donnés la surpopulation actuelle, l'insalubrité et le manque de systèmes efficaces d'élimination des déchets dans les sites de colonisation spontanée.
Sources : Unicef, Minustah, mise en ligne Alexis Yapnine, santé log, le 1er mars 2010
Accéder aux dernières actualités sur Haïti
Réagissez à cette actu sur Santé Blog
Cette actualité a été publiée le 01/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
|