U.S. : Le dépistage du CANCER DU SEIN remis en question
Actualité publiée le 14-12-2009
Economie de santé
Les difficultés financières de l’Etat de Californie l’obligent à amputer des programmes de santé, d’où relance d’une controverse qui a alerté les médias en Europe récemment : le dépistage du cancer du sein dès 40 ans, jugé trop précoce pour certains, pas totalement inutile pour d’autres. En France, il y a une vingtaine d’années, le Pr Jean-Louis Lamarque, cancérologue du CHU de Montpellier, fut critiqué pour avoir organisé le dépistage dès 40 ans, de surcroît en déplaçant dans les localités de l’Héraut une unité mobile de mammographie…
En Californie, nous dit-on, « Breast Cancer Survivors and Advocates Call on State to Nix Screening Cuts » - survivantes du cancer du sein et partisans en appellent à l’Etat pour annuler les suppressions de dépistage - tandis que les membres d’une association de lutte contre ce cancer : Susan G. Komen for the Cure®, demande aux politiques de l’Etat d’épargner aux femmes qui en ont le plus besoin les conséquences des coupes budgétaires.
C’est grave : le programme Every Woman Counts (EWC), qui prévoyait de dépister 1,2 million de femmes à faibles revenus ou sans assurance-santé au premier semestre 2010, va concerner finalement les femmes de 50 ans et plus – ce qui réduit considérablement le nombre de femmes admises au dépistage. D’après l’association Susan G. Komen, 270 000 femmes seulement seront « screenées », dont 77 000 de moins de 50 ans…
Contre la mammographie entre 40 et 49 ans ? Cette restriction vient juste après l’actualisation d’une recommandation de 2002, d'un service du Secrétariat d'Etat à la Santé, l'USPSTF (US Preventive Services Task Force) sur la mammographie, qui a troublé les femmes américaines, la recommandation étant interprétée comme étant contre la mammographie entre 40 et 49 ans. Il s’agirait plutôt d’inciter ces femmes à en parler avec leur médecin pour évaluer leurs facteurs de risque, avec l’éventuelle décision de réaliser ce dépistage.
Ce n’est pas ainsi que l’ont compris les femmes. « Les femmes de 40 à 49 ans doivent avoir accès à la mammographie si elles la nécessitent, dit l’association Susan G. Komen, et alors que les Etats de ce pays s’efforcent d’équilibrer leur budget, nous allons veiller à nous assurer que les recommandations de l’USPSTF ne sont pas utilisées pour justifier la suppression de ce service aux femmes dans le besoin… Ces femmes sont considérées comme celles qui nécessitent le plus dépistage et traitement, ce que d’autres situations confirment, telle la différence de prévalence du cancer du col de l’utérus selon les classes sociales.
Les partisans du dépistage précoce soutiennent que le cancer dépisté tôt assure la survie à 5 ans (sans rechute) de 98 % des patientes, 23 % si on découvre un cancer métastatique. Or il se vérifie que les femmes dans le besoin (niveau socio-écononomique bas), non ou mal assurées, sont plus à risque de sauter les convocations de dépistage (tel EWC), d’où diagnostic tardif, tumeur extensive, faible taux de survie. En 2009, la Californie a compté 21 700 cas de cancer du sein et 4 000 décès.
La recommandation américaine est ainsi formulée : « L’USPSTF se prononce contre le dépistage de routine par mammographie chez les femmes entre 40 et 49 ans. La décision d’entreprendre une mammographie régulière tous les 2 ans avant l’âge de 50 ans devrait être un dépistage individualisé prenant en compte le contexte de la patiente, y compris son bénéfice pour la patiente concernant avantages et inconvénients.
« L’USPSTF recommande un dépistage biennal mammographique pour les femmes de 50 à 74 ans.
« L’USPSTF conclut que les preuves actuelles sont insuffisantes pour évaluer le bénéfice et les inconvénients du dépistage mammographique chez les femmes de 75 ans et plus…
« L’USPSTF conclut que les preuves actuelles sont insuffisantes pour évaluer le bénéfice et les inconvénients soit de la mammographie digitale ou de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) au lieu de la radiographie comme mode de dépistage du cancer du sein ».
Par ailleurs, l’USPSTF déconseille aux soignants d’enseigner l’autopalpation à la place de la mammographie…
Source : USPSTF ; HHS ; BusinessWire, mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 14 décembre 2009
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Plus d’info sur l’Association Susan G. Komen for the Cure® (Visuels): www.komen.org
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Cette actualité a été publiée le 14/12/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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