VACCIN anti A/H1N1 : Ethyl-MERCURE et THIOMERSAL quelle toxicité ?
Actualité publiée le 20-08-2009
Innocuité
Le Washington Post a annoncé, le 18 août que le vaccin anti A/H1N1, contient du « mercure », une toxine qui pourrait favoriser l’autisme ou d’autres troubles neurologiques, en particulier chez les enfants, ce qui inquiète l’opinion américaine. Les premières questions sur cet additif des vaccins ont été posées aux Etats-Unis en 1999, évoquant le risque d'apport de mercure par la vaccination des nourrissons, dépassant le taux admissible fixé par les autorités sanitaires pour le méthyl-mercure. En fait, le thiomersal, conservateur de certains vaccins, ne contient pas du méthyl-mercure mais de l'éthyl-mercure. Le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) de l’OMS a débattu du problème en 2000 et recueille depuis toutes informations sur l'innocuité des vaccins avec thiomersal. Au dernier examen de la question en juin 2006, il a réaffirmé l'absence de preuves de toxicité des vaccins avec thiomersal chez le nourrisson, l'enfant ou l'adulte.
Les profils pharmacocinétiques de l’éthyl-mercure et du méthyl-mercure sont différents : la demi-vie de l’éthyl-mercure est plus courte (moins d’une semaine) que celle du méthyl-mercure (1,5 mois), la présence de l’éthyl-mercure dans le sang est donc de courte durée. De plus, l’éthyl-mercure est éliminé par le tube digestif mais le méthyl-mercure s’accumule dans l’organisme.
Pas de remise en cause de l’innocuité des vaccins infantiles avec thiomersal : Les résultats d’études épidémiologiques conduites au Royaume-Uni et au Danemark sur la fréquence des troubles du comportement après vaccins contenant du thiomersal ne remettent pas en cause l’innocuité des vaccins infantiles avec thiomersal. Les conclusions de deux études sur la diminution des troubles du développement neurologique aux Etats-Unis après suspension des vaccins avec thiomersal inscrits au programme national de vaccination n'étaient pas convaincantes pour le GACVS en raison de la conception des études et de la source des données.
Le GACVS estime que les dernières études sur la pharmacocinétique et sur le développement des vaccins ne justifient pas les inquiétudes sur l’innocuité du thiomersal (éthyl-mercure). Il en déduit qu’aucune raison de sécurité ne justifie de modifier les pratiques vaccinales actuelles avec des vaccins contenant du thiomersal, les risques supposés n'étant pas prouvés. Néanmoins, il n’est pas forcément possible d’extrapoler les données recueillies chez des nouveau-nés bien nourris à des enfants prématurés ou malnutris. Même s'il sera difficile de faire des études dans de tels groupes, le GACVS préconise de continuer les recherches.
En bref
Qu’est-ce que le thiomersal (thimerosal, mercurothiolate, sodium 2-ethylmercuriothio-benzoate) est un composé contenant du mercure utilisé pour prévenir la prolifération bactérienne et fongique dans certains vaccins en cours de stockage ou en flacons multidoses déjà ouverts. Il a également été employé dans la fabrication de vaccins pour inactiver certains micro-organismes et toxines et maintenir la stérilité de la chaîne de fabrication. On l’utilise depuis les années 1930.
Le thiomersal est-il identique au méthyl-mercure? Non, il existe plusieurs formes de mercure présentes dans l’environnement, mais le méthyl-mercure est le composé organique de loin le plus courant. Le principal danger du méthyl-mercure est son accumulation prolongée dans l’organisme. Comme la plupart des humains sont exposés au mercure, l’OMS et les autorités sanitaires nationales ont défini des limites d’exposition au mercure qui reflètent essentiellement l’exposition au méthyl-mercure. Le thiomersal contient une forme de mercure différente, l’éthyl-mercure, qui ne s’accumule pas, est métabolisé et éliminé plus vite que le méthyl-mercure.
Tous les vaccins en contiennent-ils ? Non, dont les vaccins en monodose et les vaccins où le thiomersal interférerait avec l’efficacité (ROR, anti- poliomyélitiques buvables et inactivés, antiamaril, BCG). D’autres vaccins peuvent en contenir des traces (< 0,5 μg par dose) s’il a été employé comme conservateur lors de la fabrication sans être ajouté au produit fini. Enfin des vaccins contiennent du thiomersal à taux variable (10 à 50 μg/ dose) afin de prévenir la contamination par micro-organismes s’ils sont en flacons multidoses (plusieurs inoculations par flacon) : antidiphtérique, antitétanique, anticoquelucheux, anti-hépatite B, anti-Haemophilus influenzae de type b (Hib), antigrippaux, anatoxines diphtériques et tétaniques.
Peut-on débarrasser les vaccins du thiomersal? Toute modification de la formulation d’un vaccin homologué, y compris de la teneur en thiomersal, peut influer sur la qualité, l’innocuité et l’efficacité du vaccin. Des essais complémentaires seront nécessaires avant que le produit reformulé puisse être homologué. Le fait de remplacer le thiomersal par un agent d’inactivation et/ou un conservateur différent pendant le processus de fabrication et/ou dans le produit final, nécessitera un nouveau processus d’homologation accompagné d’une série d’essais précliniques et cliniques afin de garantir la qualité, l’innocuité et l’efficacité du vaccin. Pour les vaccins utilisés en préparations multidoses, le thiomersal offre une meilleure protection contre la contamination que les autres conservateurs tels le 2-phénoxy-éthanol.
Pourquoi certains pays retirent-ils le thiomersal s'il n'y a aucun risque? Certaines autorités nationales de santé publique cherchent à remplacer les vaccins avec thiomersal par mesure de précaution. Rien ne permet encore de penser qu’il existe une toxicité due au mercure présent dans les vaccins. Il n’existe que peu de produits de remplacement efficaces et sans danger qui aient été testés, la capacité de leur production actuelle est insuffisante pour les besoins mondiaux.
Auteur : Alexis Yapnine, Santé log, mise en ligne le 19 août 2009 (Visuel Novartis)
d’après le dossier documentaire de l’OMS (GACVS)
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Cette actualité a été publiée le 20/08/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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