VACCINATION H1N1 : LES GRANDES MANŒUVRES commencent par l’hôpital
Actualité publiée le 20-10-2009
Personnels hospitaliers
Ce sont 1 million et demi de doses du vaccin avec adjuvant livré par GSK qui seront administrées en deux injections, confirme la ministre de la Santé. Roselyne Bachelot a donc officiellement lancé la campagne de vaccination contre la grippe à virus A/H1N1 mardi en annonçant qu’elle l’avait débutée dans les quelques 3.000 établissements hospitaliers français, où exercent des professionnels de santé, médicaux et paramédicaux, mais où transitent aussi, les étudiants en médecine. On savait que les professionnels de santé seraient « prioritaires » pour recevoir le vaccin spécifique dès qu’il serait disponible : Ils font partie du « premier cercle » prévu dans le Plan de préparation à la pandémie, mais ne sont pas tous, des adeptes de la vaccination.
Les professionnels de santé doivent être immunisés les premiers parce qu’ils sont au contact de sujets porteurs du virus, et parce qu’ils peuvent être eux-mêmes vecteurs de la contamination – ce qu’on appelle par euphémisme « porteurs sains » -, notamment auprès des plus vulnérables : femmes enceintes, nouveau-nés, enfants et adultes fragilisés par des maladies chroniques, sujets âgés aux défenses immunitaires déficientes…mais ce sont eux qui doivent, également, donner l’exemple.
Autres « cibles » : les personnels du médico-social et des services de secours, les femmes enceintes à partir de 3 mois, les enfants de 6 à 23 mois et leur entourage.
Si la vaccination est prioritaire, elle n’est pas obligatoire, mais la ministre de la Santé a récemment appelé tous les professionnels de santé, hospitaliers et libéraux, à prendre leur responsabilité et à se faire vacciner pour la raison précise qu’ils peuvent être contaminés et contaminants, avec la responsabilité d’accroître la charge des services hospitaliers. Le même appel à la responsabilité a été lancé à la population…
Il n’est jamais trop tard pour bien faire, a dit en quelque sorte Roselyne Bachelot, en rappelant que le vaccin grippal, quel qu’il soit, commence à produire son effet, trois semaines après l’injection (obtention d’un titre d’anticorps jugé protecteur). Ce premier vaccin utilisé en France, fourni par le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), doit être en principe être administré en deux doses. C’est en tous cas le postulat de départ : il est possible qu’une seule dose soit estimée suffisamment immunogène. C’est déjà, depuis quelques jours, la conclusion des NIH aux Etats-Unis.
Le fait qu’une seconde dose soit éventuellement nécessaire n’est pas une découverte. En effet, on a montré il y a quelques années que chez les sujets âgés en institution, milieu où les études de groupes sont plus faciles à organiser, la réponse-anticorps à la primo-vaccination n’est pas toujours satisfaisante sur le plan immunitaire, justifiant une seconde vaccination avant la saison (très) froide… dans le cas de la grippe A/H11, cette «sécurité» ne serait pas propre d’ailleurs qu’aux sujets âgés.
Une seule dose signifie une campagne de vaccination plus aisée : Pour Mme Bachelot, s’il se confirme qu’une seule dose vaccinale est suffisamment immunogène (comme le vaccin de la grippe saisonnière habituellement), alors, estime-t-elle, la campagne de vaccination globale (novembre pour la population à plus fort risque) sera plus facile à organiser… Dans un premier temps en tous cas, ce sont 1 million et demi de doses du vaccin avec adjuvant livré par GSK qui seront administrées en deux injections, confirme la ministre de la Santé, qui attend les conclusions d’experts internationaux pour revenir éventuellement à une seule dose… s’il est scientifiquement avéré que cela suffit à protéger.
On sait que la France a commandé 94 millions de doses du vaccin aux laboratoires GSK, Novartis et Baxter, ainsi que Sanofi Pasteur qui curieusement, au moment de l’intervention de Mme Bachelot, n'avait pas encore reçu l’agrément de la Commission européenne - qui prend sa décision sur avis de l’EMEA (Agence européenne des médicaments) - mais… espérait l’obtenir pour usage en novembre.
Auteur : Jean-Marie Manus, Santé log, le 20 octobre 2009
Lire aussi : VACCINATION anti H1N1 : Serez-vous des «MESSAGERS de SANTE PUBLIQUE» ? –GRIPPE SAISONNIERE ET H1N1 : La vaccination simultanée est POSSIBLE ET EFFICACE |