VIANDE ET CANCER : Les Pros du steak se rebiffent
Actualité publiée le 20-02-2009
Prévention nutrition
La brochure Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) jette le soupçon sur les viandes. Le Centre d’information des viandes (CIV) réagit : évitons confusions et erreurs d’interprétation avant d’en faire un facteur cancérogène. Les données (récentes) évoquées émanent notamment du World Cancer Research Fund (WCRF), organisme spécialisé dans la recherche du lien aliments-cancers, et de l’Institut national du cancer (INCa).
Or ce sujet de recherche n’est pas nouveau. Le CIV rappelle que la brochure est parue pour la première fois en 2003. Le WCRF a publié son rapport en novembre 2007. Mais les études sur le sujet alimentation-cancers remontent déjà à plus de 20 ans. Toujours est-il que cette reprise du thème présente « des risques de mauvaise interprétation, par le public français, de recommandations internationales ». Ou alors, dit le CIV, il faut « une nécessaire adaptation au contexte français ».
Qu’entend-on par « viande rouge, cette dénomination variant d’un pays à l’autre », En France, c’est : bœuf, agneau et viande chevaline. « Or, dans les études sur lesquelles se base cette brochure sont également comptabilisées le porc et parfois même certaines charcuteries » ! Donc : on ne parle pas de la même chose…
Parlons des niveaux de consommation moyenne : en France « moins de 500 g par semaine de viande rouge cuite, soit 700 à 750 g de viande rouge crue » (préconisation WCRF)… ce qui. revient à ne pas en consommer plus de 70 g/jour ». Or chez nous (adultes) on est plutôt entre 42 g/jour/personne à 53 g/jour/personne.
Qui est « gros consommateur » ? Les plus de 70 g/jour peuvent être considérés comme gros consommateurs selon l’INCa. Ils représentent 25 % de la population carnivore. Mais qu’en est-il des faibles consommateurs, demande le CIV. Le PNNS ne le dit pas. Ils représenteraient 48 % de la population, soit « presque deux fois plus de faibles consommateurs que de gros consommateurs de viande ! », dit le CIV. Alors, où serait la « tendance globale à la surconsommation de viande de bœuf ? (pour 95 % des Français dans une enquête, la viande rouge c’est le bœuf).
Epidémio : Enfin, le CIV souhaite réagir sur le chapitre Epidémiologie de la brochure (pp. 24-25). Ici, beaucoup de prudence car ses données peuvent être mal interprétées si reprises telles quelles. Exemple, dit le CIV : « La phrase suivante : il a été estimé que le risque de cancer colorectal est augmenté de 29 % par portion de 100 g de viandes rouges est difficile à comprendre pour le public, sortie de son contexte…. Signifie-t-elle qu’un consommateur prend des risques à chaque fois qu’il consomme une portion de 100 g de viande rouge ? Et si cette portion de 100 g est risquée, quelle est alors la bonne portion ? ». L’épidémiologie, c’est avant tout de la statistique…
L’intérêt nutritionnel des viandes est tout de même reconnu par le PNNS, se satisfait le CIV, « dans le cadre d’une alimentation équilibrée, car en France la viande n’est généralement pas consommée seule, mais au sein d’un plat incluant légumes et féculents, lui-même consommé dans le cadre d’un repas permettant d’associer tous les groupes d’aliments ». Et s’il y a abus de certains de ces autres aliments, peut-on incriminer la viande seule ? CQFD.
Moralité : il est très important de transmettre des recommandations adaptées à la population-cible. (la brochure du PNNS est destinée aux professionnels de santé). Ainsi le CIV considère qu’il convient d’encourager le maintien du niveau de consommation des faibles consommateurs de viande et d’informer correctement la population qui dépasse la norme. Son souhait : un sondage public pour évaluer l’impact d’une telle communication sur la viande.
Le CIV recommande l’article Consommation de viande et risque de cancer : bilan critique des études épidémiologiques et expérimentales, Fabrice Pierre, Raphaëlle Santarelli et Denis E Corpet, Cahiers de nutrition et de diététique, n°43, Hors-série 1, 2008.
Mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log, mis en ligne le 20 février 2009
Source CIV : www.civ-viande.org Vignette et visuel CIV
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Cette actualité a été publiée le 20/02/2009 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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