VIH : L’interleukine 7 pour restaurer l’immunité
Actualité publiée le 10-03-2010
Etude pharmacologique
IL 7 ou interleukine 7, une des nombreuses cytokines humaines, peut-elle être un traitement adjuvant chez les sujets infectés par le VIH et qui n’ont pas récupéré une immunité efficace malgré le traitement antirétroviral intensif ? Pour évaluer cette possibilité, Cytheris, entreprise française de biotechnologie de développement de nouveaux biomédicaments recrute des patients pour INSPIRE 2, étude pharmacologique de phase 2a.
L’IL 7 de Cytheris est une interleukine 7 humaine obtenue par recombinaison génétique, le CYT 107, dont INSPIRE 1 a montré la sécurité, a permis d’étudier la pharmacocinétique et confirmé l’activité immunostimulante/immunomodulatrice du fait de son impact sur la réponse immunitaire via les lymphocytes T envers le VIH. Les patients-cibles de ce traitement novateur sont les sujets VIH-positifs « immunological non responders » (INR) après au moins 1 an de traitement antirétroviral intensif (HAART : highly active anti-retroviral therapy).
L’étude pharmacologique : Une dose de 20 microg/kg/semaine de CYT 107 est administrée aux patients dont la numération des lymphocytes CD 4 se situe entre 101 et 400/mm3. L’étude se déroulera sur 4 sites au Canada et aux Etats-Unis. Elle permettra d’étudier la pharmacocinétique et la pharmacodynamique chez les patients ayant un déficit modéré en CD 4 (lymphopénie), de définir la posologie adéquate et surtout la pertinence de l’association du CYT 107 du traitement antirétroviral.
30% des patients à reconstitution immunitaire insuffisante : Comme l’explique le Dr Michel Morre, PDG de Cytheris, chez nombre de patients VIH-positifs, la première année de traitement HAART interrompt effectivement la réplication virale, mas cela n’aboutit pas à la restauration ni au maintien d’une population de CD 4 supérieure à 500/mm3, le seuil partir duquel la reconstitution immunitaire est jugée suffisante chez ces patients. Au moins 30 % de ces patients ne parviendront pas à atteindre ce seuil, même après des années sous HAART…On a montré en effet sur de larges groupes de patients le risque de progression de l’infection ou de décès lorsque le taux de CD 4 reste en-dessous du seuil de 500/mm3. INSPIRE 2 est organisée pour confirmer la capacité originale du CYT 107 à déclencher et maintenir la reconstitution immunitaire chez de tels patients, ce qu’avait laissé entrevoir INSPIRE 1.
Augmenter les CD4 : Les chercheurs d’INSPIRE 2 s’attendent à constater une « substantielle augmentation » des CD 4 circulants chez des patients dont le taux n’était pas revenu à la normale malgré le constat d’une maîtrise complète de la réplication du VIH sous HAART, explique l’un d’eux, le Pr Michael M. Lederman (Western Reserve University, Center for AIDS Research, Cleveland, Ohio). Cette phase 2a de confirmation [des résultats de la première étude, INPIRE 1] est conçue pour montrer l’activité biologique du CYT 107 et fournir des données qui aideront à concevoir l’étude de phase 2b/3, ajoute le Dr Thérèse Croughs, directrice médicale de Cytheris.
Les résultats d’INSPIRE 1 ont été présentés au 49e congrès ICAAC (Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy), en septembre à San Francisco, par le Pr Yves Levy, directeur scientifique de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS, Paris), immunologiste au CHU Henri-Mondor (Créteil), investigateur principal. L’étude a montré que le CYT 107 induit l’augmentation dose-dépendante et soutenue des CD 4 (et des CD 8) nombre de patients dépassant le seuil de 500/mm3 (jusqu’à 1 210 !), avec la posologie de 20mcg/kg, laissant penser que cette molécule aurait un rôle significatif dans la prise en charge pharmacologique de l’infection à VIH.
L’interleukine 7 humaine recombinant (CYT107), obtenue sur culture de cellules de mammifères, est un immunomodulateur actif sur les lymphocytes T. Facteur de croissance, cette cytokine est notamment produite par la moelle osseuse et le thymus, elle est impliquée dans le développement des lymphocytes et dans l’activité du thymus (thymopoïèse), organe immunocompétent. A ce titre, le CYT 107 a sans doute des applications en oncologie, dans le traitement des hépatites virales et bien d’autres à préciser...
Source : Communication Cytheris (Issy les Moulineaux et Rockville, Maryland- Visuels), mise en ligne par Jean-Marie Manus, Santé log (traduction, adaptation)
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Cette actualité a été publiée le 10/03/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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