VIH-SIDA, 18e conférence: Argent, efficacité et Communauté
Actualité publiée le 20-07-2010
18e conférence de Vienne
C’est la position de la Fondation Gates qui vient de confirmer un don de 500 millions de dollars sur 5 ans au Fonds mondial de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose. C’est aussi l’appel de Sidaction à la veille de l'ouverture, dimanche, de la 18e conférence internationale sur le sida à Vienne, qui appelle les dirigeants du monde entier et 25.000 participants à réagir pour que les progrès scientifiques, médicaux et sociaux bénéficient enfin à tous. C’est aussi l’appel d’Aides qui craint que la lutte contre le sida ne se retrouve en faillite "dans les mois à venir" mais revendique, aussi une approche communautaire. Enfin, c’est aussi l’approche « Traitement 2.0 » d’Onusida.
Seuls 5 millions des 33,4 millions de personnes séropositives dans le monde bénéficient de traitements anti-VIH et chaque année et 2 millions de personnes meurent chaque année du sida. Si les nouvelles infections à VIH ont régressé de 17 % en 10 ans, en revanche, dans certains pays et communautés, elles augmentent de nouveau. L’arrêt des investissements ou une utilisation non optimale des fonds pourraient anéantir ces progrès car les nouvelles infections à VIH (2,7 millions par an) restent encore deux fois et demi plus nombreuses que les nouveaux accès au traitement.
Une question d’argent : Au moment où les Etats-Unis lancent leur premier plan stratégique de lutte contre le VIH en visant une réduction de 25% des nouvelles infections et lancent l’élargissement de leur programme de dépistage du VIH pour un financement total de plus de 140 millions de dollars sur 3 ans, il est certain que leur investissement dans la lutte contre le sida dans les pays en développement n'augmentera pas. De nombreux pays européens sont réticents à augmenter leurs contributions à l'accès universel aux soins, aux traitements et à la prévention, souligne l’association Sidaction. En 2010, on estime que 26,8 milliards de dollars sont nécessaires pour atteindre les objectifs fixés par les pays en matière d’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à l’appui en rapport avec le VIH. Onusida/Aides rappellent aussi aux dirigeants qu'ils ont des responsabilités.
Une question d’efficacité : C’est ce que rappelle Onusida, avec une nouvelle approche, le Traitement 2.0 visant à simplifier la manière dont le traitement du VIH est actuellement fourni, à élargir et intensifier l’accès aux médicaments vitaux. Réduire les coûts des traitements, rendre les thérapies plus simples et plus intelligentes, améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH, selon Onusida, cette nouvelle approche pourrait éviter 10 millions de décès supplémentaires d’ici à 2025.
L’approche communautaire : Présente dans la nouvelle stratégie américaine, nommément implicite dans l’approche « Traitement 2.0 » d’Onusida, mise en pratique par Aides qui rappelle que la collaboration entre acteurs associatifs et chercheurs est essentielle pour définir ce qui correspond aux priorités du terrain, l’approche communautaire, que ce soit au niveau de la prévention, de l’éducation, de l’observance, de la surveillance ou du soutien est enfin reconnue comme le nouveau levier de la lutte anti sida. Une recherche plus proche des personnes concernées, de leurs besoins et de leurs attentes, invoque AIDES, qui organise avec l'Agence nationale de recherche sur le sida, REACH Canada, l'université du Québec à Montréal et Sidaction une session sur les particularités et les enjeux de la recherche communautaire.
Un tournant stratégique, c’est l’analyse de Bill Gates qui interviendra à la conférence de Vienne : « Bien plus est possible si nous tenons nos engagements et négocions le maximum pour chaque dollar dépensé… Nous allons devoir être plus efficace…Nous pouvons faire diminuer le coût des médicaments et nous concentrer sur une approche rentable des soins. Nous devons nous concentrer sur la prévention, car il ya encore deux fois et demie plus de nouvelles infections à VIH que de nouvelles personnes qui ont accès au traitement.
Nous devons choisir les interventions les plus efficaces et centrer notre énergie pour protéger les personnes qui sont les plus à risque d'infection.
Sources : Onusida, Aides, Sidaction, Unicef (Visuels), Fondation Bill et Melinda Gates, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 20 juillet 2010
Lire aussi : SIDA et TRAITEMENT 2.0 : Les jeunes font la révolution de la PREVENTION -
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Cette actualité a été publiée le 20/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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