VIH-SIDA, le bilan : 17% de nouvelles infections en moins en 8 ans
Actualité publiée le 22-07-2010
OMS-UNAIDS
Pour l’OMS et l’ONUSIDA, grâce aux efforts de la communauté médicale et pharmaceutique pour assurer progressivement l’accès universel à la prévention, aux ARV et aux soins de suite, le nombre des nouvelles infections par le VIH a diminué de 17% ces huit dernières années. Depuis 2001 et la signature de la Déclaration d’engagement des Nations Unies sur le VIH/sida, le nombre des nouvelles infections en Afrique subsaharienne a baissé d’environ 15 %, soit quelque 400.000 nouvelles infections de moins en 2008*
Par région, les chiffres d’incidence sont parfois plus optimistes : 25 % en Asie orientale, mais 10% en Asie du Sud et du Sud-Est. En Europe de l’Est, après une montée des nouvelles infections de toxicomanes par voie intraveineuse, l’épidémie s’est stabilisée. Mais dans certains pays, l’incidence remonte. Pourtant, disent OMS et ONUSIDA, au-delà de l’évolution naturelle de l’épidémie, les programmes de prévention ont permis un réel changement.
« Nous avons la preuve que la baisse est due, au moins en partie, à la prévention, dit Michel Sidibé (ONUSIDA). Néanmoins, nous constatons également que la programmation de la prévention est souvent éloignée des réalités et que, si nous arrivions mieux à amener les ressources et les programmes là où ils seraient le plus efficaces, nous irions plus vite et sauverions davantage de vies ». Des propos entendus comme en écho à AIDS 2010 à Vienne.
33,4 millions de personnes [entre 31,1 millions et 35,8 millions], selon ce bilan, vivent dans le monde avec le VIH, chiffre record depuis le début de la pandémie, mais qui s’explique par l’allongement de l’espérance de (sur)vie, du fait de l’efficacité thérapeutique des antirétroviraux (ARV) et… de la croissance démographique.
La mortalité par sida a baissé de plus de 10 %, ces cinq dernières années. Là aussi parce que davantage de séropositifs ont accès aux ARV. Selon ONUSIDA et l’OMS, depuis 1996 (premières trithérapies), quelque 2,9 millions de vies ont été sauvées.
Des résultats ayant pour origine aussi, les investissements internationaux qui ont permis l’extension du traitement ARV vers des pays et des populations qui n’y avaient pas accès. Mais la pérennité de ce financement est menacée, et le Dr Margaret Chan, directeur général de l’OMS, a montré son inquiétude : « Nous ne devons surtout pas relâcher l’action, c’est, au contraire, le moment de redoubler d’efforts et de sauver encore beaucoup plus de vies ». A Vienne aussi l’inquiétude s’est manifestée…
Les ARV ont eu un effet significatif sur les infections infantiles : davantage de femmes enceintes ou allaitantes séropositives ont accès aux ARV qui protègent leur enfant de la transmission du VIH. Environ 200.000 nouvelles infections chez l’enfant ont pu être évitées depuis 2001. Certains font mieux. Au Botswana, avec une couverture ARV de 80 %, la mortalité a baissé de plus de 50 % ces 5 dernières années. Le nombre d'orphelins régresse, leurs parents vivent plus longtemps. Mais, en Afrique, encore seul un enfant exposé sur 2 reçoit un traitement de prévention.
Intégrer le traitement et les soins aux services médicaux standards : L’une des conclusions phares du bilan OMS-ONUSIDA est que la prise en charge du VIH/sida est plus efficace lorsque les programmes de prévention et de traitement sont intégrés aux services standards médico-sociaux, de santé maternelle et infantile, y inclus la lutte antituberculeuse (première maladie opportuniste du sida), « une approche unique afin d’atteindre un but commun « ; dit Michel Sidibé.
L’épidémiologie se modifie avec une prévalence plus importante vers l’Est, et la prévention a parfois un temps de retard. En Europe de l’Est et en Asie centrale, l’épidémie, qui auparavant touchait surtout les toxicomanes par voie intraveineuse, touche aussi désormais leurs partenaires sexuels. Dans certaines régions d’Asie, où la prostitution drogue injectée se propageaient principalement l’épidémie, le VIH touche de plus en plus les hétérosexuels. Un peu partout dans le monde, les experts OMS-ONUSIDA constatent que les programmes de prévention oublient certaines cibles du VIH – ou une baisse des budgets dédiés malgré une prévalence élevée…
ONUSIDA a créé le site web AIDSspace.org, ouvert à tous, qui vise à étendre les réseaux afin que davantage de personnes concernées par le VIH participent et pour lutter efficacement contre le VIH/sida, échanger des idées, communiquer et commenter. Le VIH/sida est une affaire planétaire…
*dernières données disponibles
Sources : ONUSIDA ; OMS mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, le 21 juillet 2010
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Cette actualité a été publiée le 22/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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