VIH-SIDA : Réalité du terrain africain, l’exemple du Cameroun
Actualité publiée le 21-07-2010
IRD
Aujourd’hui, 50% des Camerounais atteints du sida ont accès aux trithérapies. Ils n’étaient que 1 % au début des années 2000 et sont passés, en moins de dix ans, de quelques centaines seulement à près de 80.000. Une des raisons principales de ce formidable progrès, la réforme de décentralisation de la prise en charge thérapeutique mise en place au Cameroun. L’Institut de recherche pour le développement (IRD) et leurs partenaires qui ont mis en place un programme d’évaluation de la réforme, avec le soutien de l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS) constatent des performances au moins aussi bonnes dans les services de districts qu’à Yaoundé ou Douala, les capitales politique et économique.
Avec, en 2004, un taux de prévalence 5 de 5,5 % pour les 15-49 ans, le Cameroun connaît une épidémie dite « généralisée ». Environ 500.000 personnes vivent aujourd’hui avec la maladie. Alors le gouvernement camerounais s’est donné pour objectif de réduire en 10 ans d’un tiers la morbidité et la mortalité des groupes les plus vulnérables.
Au Cameroun aujourd’hui, la moitié des patients sont maintenant éligibles au traitement du VIH/sida, contre seulement 1 % d’entre eux en l’an 2000. Le système est plus équitable, l’équité d’accès aux trithérapies est renforcée : les établissements de districts touchent une population plus rurale, de moindre niveau d’éducation et vivant plus souvent au-dessous du seuil de pauvreté.
Les principales raisons du progrès :
· la baisse des prix des médicaments antirétroviraux, dès les années 2000, a amorcé la tendance.
· la décentralisation de l’accès aux soins, entreprise dès 2002 par le gouvernement du Cameroun,
· le passage à la gratuité des trithérapies, depuis mai 2007.
Pour mesurer les forces et les limites de ce programme visant à faciliter l’accès aux traitements, l’équipe multidisciplinaire a mis en place dès 2006, sur l’ensemble des dix régions du pays, quatre projets de recherches biomédicales, en sciences sociales et en santé publique. Assiduité dans la prise de médicaments, restauration du système immunitaire et amélioration de la qualité de vie… : pour tous ces critères, les résultats cliniques pour les patients des établissements décentralisés sont au moins aussi bons que dans les services de soins centraux. En zone rurale, les patients sont même plus assidus au traitement que dans les grandes agglomérations, le délai entre le diagnostic d’infection et la première consultation thérapeutique est plus court. Les contacts répétés avec le système de soins (médecins, personnels soignants, associations, etc.) permettent une prise de conscience des malades et une réduction des comportements sexuels à risque.
Ici encore, la question du financement : Les limites structurelles du fonctionnement du système de santé camerounais, le grave déficit en personnels soignants, mais aussi la dépendance aux financements internationaux – qui couvrent 80 % du programme camerounais- font craindre une inflexion dans les progrès réalisés.
Malgré ces difficultés, l’IRD conclut que le Cameroun est un exemple africain d’une politique globale associant plusieurs dynamiques : sociale, scientifique, politique, nationale et internationale.
Source : Communiqué IRD© Vincent Coronini, Travaux réalisés en collaboration avec des chercheurs des Universités de Yaoundé I et II, de l’Université Catholique d’Afrique Centrale, de l’Université d’Aix-Marseille II, de l’Université de Montpellier I, de l’Université Paris-Nord, du CNRS et de l’INSERM, avec le soutien de l’ANRS, adaptation, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 20 juillet 2010 (Visuel «Service décentralisé au Cameroun » - © IRD / Fred Eboko)
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Cette actualité a été publiée le 21/07/2010 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.
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