
Roselyne Bachelot confirme, au delà de sa position favorable à un dépistage plus accessible, banalisé, rapide et démédicalisé, sa volonté d'expérimenter les centres de consommation supervisés.
« Mon rôle est de protéger la santé de tous, notamment des usagers de drogues(...) C’est pourquoi le Gouvernement français a décider de réorienter sa politique en matière de lutte contre le VIH », a indiqué la Ministre .
Roselyne Bachelot « veut aboutir sur les projets de centres de consommation supervisées » : Prenant acte que l'Inserm et la communauté scientifique ont émis un avis favorable sur ces centres, la Ministre a décidé d'engager le processus d’expérimentation en ouvrant la concertation avec les collectivités locales concernées, précisant que Paris et Marseille avaient déjà amorcé la réflexion sur ce sujet. Ces mairies travaillent déjà sur ces centres de consommation supervisés (faisabilité, mise en place, intégration dans le dispositif) et leurs conclusions sont attendues fin septembre prochain.
C'est donc un nouveau pas qui vient d'être franchi par la Ministre, dont les associations prennent acte, rappelant que ces dispositifs s’intègrent dans une politique globale des addictions associant éducation préventive, réduction des risques et soins dans une approche fondée sur les données scientifiques, conformément à la Déclaration de Vienne : « Pour les usagers de drogues, la France doit avoir une action renouvelée afin de mener une politique performante de réduction des risques. En tant que Ministre de la santé, mon rôle est de protéger la santé de tous, notamment des usagers de drogues en faveur desquels la France mène une politique de réduction des risques depuis vingt ans (…) L’Inserm et au-delà, la communauté médicale, a émis une recommandation favorable à la mise en place expérimentale de ce qu’il faudrait mieux appeler des « centres de consommation supervisés.(…) Je tiens à être très claire : ces dispositifs n’ont pas pour but de dépénaliser l’usage de drogue. Mais il s’agit ici, avant tout, d’un enjeu sanitaire qui est suffisamment crucial pour que nous nous mobilisions tous ensemble pour aboutir à des projets consensuels. J’y veillerai avec soin », a précisé la Ministre. Rappelons qu’en France, la prévalence du VIH sur la population des usagers de drogues est estimée à 11 %.
A défaut d’être parmi les contributeurs à l’aide internationale les plus importants, la France apportant seulement 4,4% du financement des gouvernements (vs 10,2% pour le Royaume-Uni), , même si notre Ministre a rappelé également les initiatives internationales prises par le gouvernement, l’accès simplifié au dépistage et le développement de l’expérimentation de centres de consommation supervisées, représentent deux avancées importantes et ciblées sur les minorités à risque dans notre politique de lutte contre le VIH.
Sources : Ministère de la santé, Communiqué Collectif (Pierre Chappard), Inserm « Rapport sur la réduction des risques », mise en ligne Alexis Yapnine, Santé log, le 21 juillet 2010
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