VITAMINE D : SI C’ETAIT PLUS QU’UNE VITAMINE…
Actualité publiée le 17-08-2008

Biologie - vitamine
L’étude présentée par quatre équipes américaines (néphrologie, épidémiologie, médecine interne) sur le rapport entre le taux sérique de vitamine D et le risque de mortalité dans la population générale (1) semble confirmer que cette vitamine est plus qu’une vitamine, pour certains une hormone, compte tenu de la vériété de systèmes dans lesquels elle apparaît impliquée.
Ici, cette étude est partie de la constatation que chez des patients dialysés, une supplémentation en vitamine D sous forme de calcitriol ou paricalcitol ou autres agents à teneur en vitamine D est associée à une réduction de la mortalité. De fait, des observations suggèrent que des taux sériques abaissés de la forme active : 1,25 di-hydroxy vitamine D3 ou 1,25 [OH]2 vitamine D3, sont associés au diabète, à l’HTA, aux cancers… Il était intéressant de rechercher alors si des taux sériques abaissés sont impliqués dans la mortalité en population générale, donnée qu’on ne possédait pas.
Les auteurs ont comparé les taux sériques de vitamine D (25[OH]D) et les taux de mortalité toutes causes chez 13 331 adultes de 20 ans et plus, représentatifs de la population américaine, intégrés dans la 3e étude National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES III) et suivis jusqu’en 2000. Durant un suivi moyen de 8,7 ans, 1 806 décès ont été enregistrés, dont 777 de maladie cardiovasculaire. Un taux sérique inférieur à 17,8 ng/mL est associé dans cette étude à une augmentation de 26 % de la mortalité toutes causes, de nombreux facteurs de risque, innés ou acquis, étant associés à une baisse conséquente du taux de vitamine D considéré comme « protecteur » (façon de parler)
Conclusion lapidaire des auteurs : le quartile le plus bas du taux de 25(OH)D, soit inférieur à 17,8 ng/mL est impliqué dans la mortalité toutes causes (notamment cardiovasculaire et cancéreuse) dans la population générale. Le dosage du taux sérique de vitamine D n’est pas un examen de nature courante, bien que ce type d’analyse soit aujourd’hui réalisable dans tout laboratoire d’analyses de biologie médicale. Le tout est de savoir si des études telle celle-ci seraient susceptibles de pousser les pouvoirs publics à inscrire la recherche du taux sérique de 25(OH)D dans les examens périodiques souhaitables pour évaluer l’état de santé de la population...
Auteur : Louis-Marie Sibuée, biologiste
Publié le 17 août 2008
(1) 25-Hydroxyvitamin D Levels and the Risk of Mortality in the General Population, Michal L. Melamed, Erin D. Michos, Wendy Post, Brad Astor (New York et Baltimore), in Arch Intern Med. 2008;168(15):1629-1637.
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