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HISTORIQUE
Vecteur de changement dans la prise en charge du diabète
Le disease management aux États-Unis
ACTUALITÉS
Programme d’accompagnement de la Cnam dans dix départements
MISSIONS
Les 5 missions des réseaux de santé diabète
FONCTIONNEMENT
Boîtes à outils : 5 outils d’organisation
QUI FAIT QUOI ?
Les acteurs de la cellule de coordination
REPORTAGE
Mutualisation des outils et services rendus aux patients
INTERVIEW
« L’éducation thérapeutique certes, l’accompagnement du patient avant tout »
 
Extrait du n°2
de la revue santé log
Officine
 
Le diabète est emblématique des problèmes posés par les malades chroniques au système de soins français : une prévalence en augmentation dans la population française, des coûts humains et fi nanciers importants et une complexité de prise en charge qui ne se résume pas au seul traitement médicamenteux.
Réunissant 15 000 professionnels de santé, 250 cadres dans l’ensemble des régions françaises, les réseaux diabète interviennent auprès de 50 000 usagers
assurant leur éducation thérapeutique et des services spécifi ques. Leur expérience de décloisonnement et de coopération entre professionnels médicaux, paramédicaux, hospitaliers et libéraux est plus que jamais d’actualité à l’heure de la première initiative d’envergure d’accompagnement des patients diabétiques par la Caisse nationale d’assurance maladie. Porteurs naturels de l’accompagnement des patients, les réseaux diabète doivent relever le défi du disease management à la française.
Historique
Vecteurs de changement
dans la prise en charge du diabète
Créés sous l’impulsion des professionnels de santé et des organismes de sécurité sociale, les réseaux diabète doivent se renouveler pour continuer à apporter une réponse aux difficultés de la prise en charge des patients.
Il a fallu attendre 1998 pour que le Haut comité de santé publique recommande de considérer le diabète de type 2 (90 % des diabétiques) comme priorité de santé publique (1) En dépit des progrès diagnostiques et thérapeutiques, une réorganisation de l’offre de soins et de la prise en charge des patients diabétiques s’imposait.
Prise de conscience tardive en France
En effet, « le dépistage manque d’effi cacité, l’action des médecins généralistes paraît très insuffi sante, l’éducation face au risque et à la maladie est inadaptée, la coordination entre les acteurs sanitaires et sociaux n’est pas suffi sante », analisaient les membres du Haut comité. L’Assurance maladie, puis l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES), prennent rapidement le relais avec, respectivement, le programme de santé publique sur la prise en charge du diabète de type 2 (2) et la publication des recommandations de bonnes pratiques cliniques sur le dépistage et la prise en charge du diabète, (3) réactualisées depuis.
Dynamique nationale pour la prise en charge du diabète
Mais c’est surtout le programme d’actions de prise en charge et de prévention du diabète (4), présenté par le ministre délégué à la Santé, Bernard Kouchner, en 2001, qui va offi cialiser le développement des réseaux de santé diabète, cantonnés jusqu’alors à l’état de fi lières expérimentales « Soubie » (5) Ce programme d’action prévoyait, notamment, le développement de réseaux afin d’améliorer l’organisation des soins, le suivi épidémiologique, les pratiques des professionnels de santé et les actions de prévention.
Réseaux : des outils de qualité du parcours de soins
Les réseaux diabète se sont uniquement développés sur la prise en charge du diabète de type 2. Certains sont plus centrés sur les complications du pied diabétique, d’autres sur un objectif global de prévention cardiovasculaire. Aujourd’hui, la majorité des 80 réseaux recensés par l’Ancred (6) coordonne différents professionnels de santé autour de l’optimisation des pratiques et de l’accès à l’éducation de proximité. Ils proposent des protocoles de soins issus des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), des formations rémunérées des soignants ainsi que des prestations d’éducation thérapeutiques de proximité. 40 % d’entre eux se sont engagés dans la mise en place d’une consultation d’accompagnement infi rmier. Selon la dernière enquête de l’Ancred, ces réseaux emploient plus de 15 000 professionnels de santé, dont 3 000 infi rmiers, 2 000 podologues, 4 928 médecins généralistes et 1 188 spécialistes. Ils comptent 50 000 usagers, pour une population couverte de 31,5 millions d’habitants, répartis dans 59 départements.
Mieux accompagner les patients diabétiques
Actions transversales, prestations gratuites pour les patients adhérents et programmes de formation pluridisciplinaires pour les professionnels de santé, les réseaux diabète ne manquent pas d’atouts en 2008. Cependant, ces structures demeurent trop souvent « hospitalo-centrées », alors que l’enjeu est bien la prise en charge de proximité en amont et en aval de l’hospitalisation. Structures de coordination, les réseaux diabète doivent se renouveler pour continuer de porter le disease management à la française. santé log - Soin à domicile n°2 - Février/Mars 2008 45 Historique Par ailleurs, les psychologues et les infirmières libérales manquent de visibilité, leur place n’a toujours pas été défi nie dans certains réseaux diabète.
Enfin, les actions spécifi ques de prévention demeurent parfois confi dentielles : seulement 2 % des patients diabétiques bénéfi cient de l’action de ces réseaux (7) Il y a un an, le ministre de la Santé et des solidarités, Philippe Bas, présentait le plan sur l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de maladies chroniques (8).
Celui-ci privilégie l’accompagnement personnalisé de chaque malade par des coordinateurs de soins et avec l’appui de plates-formes téléphoniques. Le diabète a été retenu pour un premier programme, avec un financement de 20 millions d’euros par an à partir de 2007. Une expérimentation est lancée et la généralisation est prévue cette année. L’occasion pour les réseaux de revisiter leur modèle, mais également de mieux composer avec les associations de patients, les maisons du diabète et les autres acteurs médico-sociaux, dans la perspective d’un disease management moderne et à la française (voir articles Le disease management aux États-Unis et Lancement du programme d’accompagnement de la Cnam dans dix départements).
(1) Prévention, dispositifs de soin et éducation du patient, rapport du groupe de travail, ministère de l’Emploi et de la Solidarité, Haut comité de santé publique, mai 1998.
(2) Programme de santé publique sur la prise en charge du diabète de type 2, 1999-2000 : L’Assurance maladie.
(3) Suivi du patient diabétique de type 2 à l’exclusion du suivi des complications, ANAES, 1999.
(4) Programme d’actions de prise en charge et de prévention du diabète de type 2, 2002-2005, ministère délégué à la Santé, novembre 2001
(5) Entre 1997 et 2001, Raymond Soubie a été président du Conseil d’orientation des filières et réseaux de soins, chargé d’examiner les différentes propositions de fi lières et réseaux de soins qui doivent participer au dispositif de réorganisation du système de santé.
(6) L’Association nationale de coordination des réseaux diabète.
(7) Face à l’épidémie du diabète, quels changements peut-on attendre de la réforme de l‘assurance maladie pour les diabètes, les diabétiques et leur prise en charge, Institut d’études des politiques de santé, Paris, Flammarion Médecine-Sciences, 2005.
(8) Présentation du plan d’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de maladies chroniques, ministère de la Santé et des Solidarités. Sur le site du ministère : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/plan_maladies_chroniques/sommaire.htm
Dossier coordonné par l’agence MD Report
Article publié le 17/03/08
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