|
Historique
Vecteurs de changement
dans la
prise en charge du diabète
Créés sous l’impulsion des professionnels de
santé et des organismes de sécurité sociale,
les réseaux diabète doivent se renouveler
pour continuer à apporter une réponse aux
difficultés de la prise en charge des patients.
Il a fallu attendre 1998 pour que le Haut comité
de santé publique recommande de considérer le
diabète de type 2 (90 % des diabétiques) comme
priorité de santé publique (1) En dépit des progrès diagnostiques et thérapeutiques, une réorganisation
de l’offre de soins et de la prise en charge
des patients diabétiques s’imposait.
Prise de conscience tardive
en France
En effet, « le dépistage manque d’effi cacité, l’action
des médecins généralistes paraît très insuffi sante,
l’éducation face au risque et à la maladie est inadaptée,
la coordination entre les acteurs sanitaires
et sociaux n’est pas suffi sante », analisaient les
membres du Haut comité. L’Assurance maladie,
puis l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation
en santé (ANAES), prennent rapidement
le relais avec, respectivement, le programme de
santé publique sur la prise en charge du diabète de type 2 (2) et la publication des recommandations
de bonnes pratiques cliniques sur le dépistage
et la prise en charge du diabète, (3) réactualisées
depuis.
Dynamique nationale pour
la prise en charge du diabète
Mais c’est surtout le programme d’actions de
prise en charge et de prévention du diabète (4), présenté
par le ministre délégué à la Santé, Bernard
Kouchner, en 2001, qui va offi cialiser le développement
des réseaux de santé diabète, cantonnés
jusqu’alors à l’état de fi lières expérimentales « Soubie » (5) Ce programme d’action prévoyait,
notamment, le développement de réseaux afin
d’améliorer l’organisation des soins, le suivi épidémiologique,
les pratiques des professionnels
de santé et les actions de prévention.
Réseaux : des outils de qualité du parcours de soins
Les réseaux diabète se sont uniquement développés sur la prise en charge du diabète de type 2. Certains sont plus centrés sur les complications
du pied diabétique, d’autres sur un objectif global de prévention cardiovasculaire. Aujourd’hui, la majorité des 80 réseaux recensés par l’Ancred (6) coordonne différents professionnels de santé autour de l’optimisation des pratiques et de l’accès à l’éducation de proximité. Ils proposent des protocoles de soins issus des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), des formations rémunérées des soignants ainsi que des prestations d’éducation thérapeutiques de proximité. 40 % d’entre eux se sont engagés dans la mise en place d’une consultation d’accompagnement infi rmier. Selon la dernière enquête de l’Ancred, ces réseaux emploient plus de 15 000 professionnels de santé, dont 3 000 infi rmiers, 2 000 podologues, 4 928 médecins généralistes et 1 188 spécialistes. Ils comptent 50 000 usagers, pour une population couverte de 31,5 millions d’habitants, répartis dans 59 départements.
Mieux accompagner
les patients diabétiques
Actions transversales, prestations gratuites pour
les patients adhérents et programmes de formation
pluridisciplinaires pour les professionnels
de santé, les réseaux diabète ne manquent pas
d’atouts en 2008. Cependant, ces structures
demeurent trop souvent « hospitalo-centrées »,
alors que l’enjeu est bien la prise en charge de
proximité en amont et en aval de l’hospitalisation.
Structures de coordination, les réseaux diabète
doivent se renouveler pour continuer de porter
le disease management à la française.
santé log - Soin à domicile n°2 - Février/Mars 2008 45
Historique
Par ailleurs, les psychologues et les infirmières
libérales manquent de visibilité, leur place n’a
toujours pas été défi nie dans certains réseaux diabète.
Enfin, les actions spécifi ques de prévention
demeurent parfois confi dentielles : seulement 2 %
des patients diabétiques bénéfi cient de l’action
de ces réseaux (7) Il y a un an, le ministre de la
Santé et des solidarités, Philippe Bas, présentait
le plan sur l’amélioration de la qualité de vie
des patients atteints de maladies chroniques (8).
Celui-ci privilégie l’accompagnement personnalisé
de chaque malade par des coordinateurs de
soins et avec l’appui de plates-formes téléphoniques.
Le diabète a été retenu pour un premier
programme, avec un financement de 20 millions
d’euros par an à partir de 2007. Une expérimentation
est lancée et la généralisation est prévue cette
année. L’occasion pour les réseaux de revisiter
leur modèle, mais également de mieux composer
avec les associations de patients, les maisons
du diabète et les autres acteurs médico-sociaux,
dans la perspective d’un disease management
moderne et à la française (voir articles Le disease
management aux États-Unis et Lancement du
programme d’accompagnement de la Cnam dans
dix départements).
(1) Prévention, dispositifs de soin et éducation du patient,
rapport du groupe de travail, ministère de l’Emploi et de la
Solidarité, Haut comité de santé publique, mai 1998.
(2) Programme de santé publique sur la prise en charge du
diabète de type 2, 1999-2000 : L’Assurance maladie.
(3) Suivi du patient diabétique de type 2 à l’exclusion du suivi
des complications, ANAES, 1999.
(4) Programme d’actions de prise en charge et de prévention
du diabète de type 2, 2002-2005, ministère délégué à la Santé,
novembre 2001
(5) Entre 1997 et 2001, Raymond Soubie a été président du
Conseil d’orientation des filières et réseaux de soins, chargé
d’examiner les différentes propositions de fi lières et réseaux de
soins qui doivent participer au dispositif de réorganisation du
système de santé.
(6) L’Association nationale de coordination des réseaux diabète.
(7) Face à l’épidémie du diabète, quels changements peut-on attendre de la réforme de l‘assurance maladie pour les diabètes, les diabétiques et leur prise en charge, Institut d’études des politiques de santé, Paris, Flammarion Médecine-Sciences, 2005.
(8) Présentation du plan d’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de maladies chroniques, ministère de la Santé et des Solidarités. Sur le site du ministère : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/plan_maladies_chroniques/sommaire.htm |
Dossier coordonné par l’agence MD Report
Article publié le 17/03/08 |