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ALZHEIMER: Premier candidat-médicament à prévenir la progression de la maladie

Actualité publiée il y a 7 années 11 mois 4 jours
PLoS ONE

Ce nouveau candidat-médicament améliore la mémoire et empêche des dommages au cerveau chez les souris. Il pourrait être testé pour le traitement de la maladie chez les humains dans un très proche avenir. C’est une très grande étape, marquée par ces scientifiques de Salk (Californie), vers un médicament capable d’enrayer le déclin cognitif lié à la maladie d'Alzheimer, selon cette étude publiée dans l’édition du 15 décembre de la revue PLoS ONE.

David Schubert, le chef du Laboratoire du Salk Institute for Biological Studies (La Jolla) explique: "J147 améliore la mémoire à la fois normale de souris modèles d'Alzheimer et protège également le cerveau de la perte de connexions synaptiques». Il n'existe en effet à ce jour aucun médicament en développement ou sur le marché qui réunisse ces deux propriétés.


L'innocuité et l'efficacité de ce candidat-médicament doivent encore être démontrées chez l‘Homme, mais d'ores et déjà, les chercheurs de Salk disent que leurs résultats suggèrent que leur médicament a du potentiel pour le traitement des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

On compte environ 35 millions de personnes atteintes de la MA dans le monde, 860.000 Français sont touchés par la maladie. Ce nombre pourrait tripler d'ici 2050, selon les estimations de l'Association Alzheimer. Jusqu'à présent, quelques médicaments ont été développés pour traiter la maladie, tels que l'Aricept, Exelon et Razadyne ou Reminyl mais ces médicaments ne produisent que des améliorations temporaires de la mémoire fugace et ne ralentissent pas l'évolution globale de la maladie. A tel point qu'en France, la HAS a limité, fin octobre dernier, les prescriptions des médicaments de la maladie d'Alzheimer à un an, renouvelable sous conditions strictes.

A partir de neurones vivants cultivés en laboratoire : Le Dr. Schubert et ses collègues ne sont pas restés concentrés exclusivement sur les voies biologiques impliquées dans la formation de plaques amyloïdes, car pour les chercheurs, les tentatives suivant cette voie ont échoué dans les essais cliniques. Les chercheurs ont testé sur des neurones vivants cultivés en laboratoire de nouveaux composés synthétiques pour vérifier leur efficacité à protéger les cellules du cerveau contre plusieurs pathologies associées au vieillissement. A partir d'une molécule développée, au départ, pour le traitement des AVC et des traumatismes, par de nombreuses itération chimique du composé, les chercheurs sont parvenus, pas à pas, à modifier la structure chimique de la molécule pour en « faire » un médicament beaucoup plus puissant pour la maladie Alzheimer.

«Alzheimer est une maladie complexe, mais la majorité des tentatives de développement de médicaments dans le monde pharmaceutique s'est concentrée sur un seul aspect de la maladie - la voie amyloïde», explique Marguerite Avant, chercheuse au laboratoire. "En revanche, en testant ces composés sur des cultures de cellules, nous pouvons déterminer rapidement comment ils agissent contre toute une gamme de troubles liés au vieillissement et nous pouvons sélectionner le meilleur candidat capable de traiter les multiples aspects de la maladie et pas seulement un seul."

En collaboration avec le fameux Scripps Institute, les chercheurs ont pu mener une série de tests comportementaux qui montrent, chez l'animal, que le médicament améliore la mémoire normale. Par ailleurs, les souris et les rats traités avec le médicament ont produit plus d'une protéine, appelée facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF), une molécule qui protège les neurones contre les attaques toxiques.

J147 pourrait même être efficace pour traiter d'autres troubles neurologiques comme la maladie de Parkinson, la maladie de Huntington et la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Selon les chercheurs.

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