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ANTI-INFLAMMATOIRES: Utilisation trop prolongée, risque de cancer du rein

Actualité publiée il y a 8 années 3 semaines 5 jours
Archives of Internal Medicine

Attention au risque de cancer des reins avec l’utilisation prolongée des AINS, alertent ces chercheurs de la Harvard Medical School et de l'Hôpital des femmes de Brigham. Cette étude menée sur plus de 120.000 participants, sur une durée de 20 ans, conclut, dans l’édition du 12 septembre des Archives of Internal Medicine que 10 années de prise d’AINS triplent le risque de cancer du rein. Les chercheurs ont analysé les données regroupées de deux grandes études (la Nurses’ Health Study et la Health Professionals Follow–up Study) soit 77.525 femmes et 49.403 hommes sur une durée de 20 ans, au cours de laquelle 333 participants ont développé un cancer du rein. Les chercheurs ont analysé les données sur la posologie (nombre de comprimés pris par semaine), les raisons de l’utilisation d’analgésiques ou encore le type d'AINS utilisé. Les chercheurs ont également tenu compte des autres facteurs de risque de cancer du rein, tels que le tabagisme, le poids (IMC), l’activité physique, la tension et l’histoire familiale des patients.

Utilisation fréquente, risque accru de 51%: Les participants qui prenaient régulièrement des AINS (d'anti-inflammatoires non stéroïdiens et hors aspirine) c'est-à-dire au moins à raison de deux fois par semaine ont présenté un risque accru de 51% de développer un cancer du rein en comparaison d'utilisateurs non réguliers. Les chercheurs confirment également une association entre la durée d'utilisation régulière et le risque de cancer. Au-delà de 10 années d'utilisation, le risque de cancer des reins triple. Les auteurs précisent, qu'en 20 années de suivi, seuls 0,3% des participants ont développé ce cancer, ce qui reste un nombre très restreint, en % et en valeur absolue. A partir de là, la prudence sur un triplement du taux de risque s'impose.


Les chercheurs rappellent que les analgésiques font partie des médicaments les plus couramment utilisés et que de précédentes études ont démontré des bénéfices de l'aspirine et de l'ibuprofène comme leur caractère protecteur contre les maladies cardio-vasculaires et le cancer colorectal. Ils concluent que,

· l'utilisation de l'aspirine ou du paracétamol n'est pas associée à un risque de cellules cancéreuses rénales,

· l'utilisation régulière des AINS au début de l'étude a été associée à un risque augmenté de cancer. En comparaison avec des utilisateurs non réguliers, l'utilisation fréquente a été associée à un risque accru de 51% (RR : 1,51 IC : 95%).

Concernant le risque associé à la durée d'utilisation, pour les personnes utilisant régulièrement des AINS,

· 4 ans d'utilisation et moins ne sont pas associés à un risque accru (RR :0,81, IC 95% de 0,59 à 1,11)

· 4 à 10 ans d'utilisation, non plus (RR :1,36 IC :95% de 0,98 à 1,89)

· 10 ans et plus sont associés à un risque accru presque triplé (RR : 2,92 IC : 95%, de 1,71 à 5,01)

Ensuite, l'association devient dose-dépendante, plus l'utilisation se prolonge, plus le risque augmente.

Les chercheurs concluent qu'une utilisation prolongée des AINS est facteur de risque de cancer des reins et incite les médecins à peser le rapport bénéfice–risque en cas de prescription prolongée.

Source: Archives of Internal Medicine 2011;171:1487-1493 Prospective evaluation of analgesic use and risk of renal cell cancer.

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