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Anti-vitamines K (AVK): Possible même à un âge très avancé!

Actualité publiée il y a 8 années 3 semaines 3 jours
Congrès ESC 2011

Ce sont les résultats de l'Étude Epica, présentés au Congrès ESC 2011 qui démontrent que l'âge et le grand âge ne doivent pas être considérés comme une contre-indication en soi au traitement par anti-vitamines K (AVK) pour la prévention du risque de thrombose (veineuse, artérielle), certains troubles du rythme cardiaque, généralement la fibrillation auriculaire et valvulopathies. La peur de l'hémorragie est la préoccupation majeure de la prescription d’anti-vitamines K, en particulier chez les patients très âgés qui portent nombreux facteurs de risque de saignement. Cette étude démontre un faible taux de complications hémorragiques, malgré l'âge particulièrement avancé des patients.

La prévalence de la fibrillation auriculaire est fortement dépendante de l'âge et atteint près de 10% chez les sujets âgés de 80 ans et plus. Compte tenu du vieillissement de la population, le nombre de personnes souffrant de FA va augmenter sensiblement dans les prochaines années. La fibrillation auriculaire multiplie par 4 le risque d'accident vasculaire cérébral, pour tous les groupes d'âge, et jusqu'à 23,5% des AVC seraient attribuables à la FA dans le groupe des plus de 80 ans.


L'éude EPICA* (Elderly Patients followed by Italian Centres for Anticoagulation Study) est la plus grande étude menée sur des patients très âgés traités par anticoagulant pour la prévention de la thrombose veineuse et pour la majeure partie (75%), pour la prévention de l'AVC, consécutif à la fibrillation auriculaire. Tous les patients étudiés ont commencé le traitement anticoagulant après l'âge de 80 ans, et l'âge médian des patients étudiés était de 84 ans, allant de 80 à 102 ans. Tous les patients ont été suivis pour la gestion de l'anticoagulation dans des centres spécifiquement dédiés avec une bonne qualité de l'anticoagulation.

Des patients bien informés présentent un risque moindre d'effets indésirables lors du traitement anticoagulant. A fortiori, en impliquant les membres de la famille et l'équipe soignante, dans l'éducation du patient. L'observance est primordiale et les patients reçoivent une prescription détaillée des doses quotidiennes et des visites de contrôle. Une bonne gestion de l'anticoagulation est donc associée à un moindre risque d'hémorragie.

un taux de complications hémorragiques faible, ce qui suggère que l'âge en soi ne doit pas être considéré comme une contre-indication au traitement. Si de nouveaux anticoagulants oraux sont attendus en Europe, aucune information n'est disponible pour le moment sur leur utilisation chez des patients très âgés. L'insuffisance rénale, l'un des principaux facteurs de risque de saignement, présente pour la majeure partie des patients très âgés de l'étude, doit également être prise en compte dans le choix du traitement et à terme, avec ces nouveaux médicaments.

Une condition, soulignée par les chercheurs, une gestion attentive de la thérapie par AVK et un suivi dans des services spécifiques, permettant aux patients très âgés et fragiles de bénéficier d'une thromboprophylaxie AVK.

Aujourd'hui, on estime que près de 900.000 personnes en France sont sous traitement par Anticoagulant oral ou Anti-Vitamine K. Environ 17.000 hospitalisations et 4.000 décès seraient notifiés chaque année, liés aux complications hémorragiques de ce type de traitement. Enfin les AVK restent la première cause d'hospitalisation pour accident iatrogène.