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ASPARTAME : L'expertise de l'EFSA déficiente, selon le Réseau Environnement Santé

Actualité publiée il y a 10 années 9 mois 1 semaine
EFSA- RES

Le Réseau environnement santé (RES) s’est élevé, le 1er mars, contre la méthodologie d’analyse de l’Agence européenne de Sécurité alimentaire et sur son absence de révision, pour la 3ème fois de la dose journalière admissible (DJA). En effet, dans une déclaration publiée le 28 février, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ne retient pas les risques associés à l’aspartame, suggérés par les deux études récemment publiées sur la sécurité des édulcorants artificiels. Ce communiqué suit de près celui de l’Anses, l’agence française, qui n’avait pas jugé pertinent de revoir à la baisse la dose journalière admissible (DJA).

L'aspartame a un pouvoir 200 fois supérieur à celui du saccharose. Découvert en 1965 par un chimiste de la société Searle et en 1974, une première AMM lui était accordée aux Etats-Unis la même année par la Food and Drug Administration (FDA) puis suspendue quelques mois pour possibilité d'effets toxiques et cancérogènes sur le cerveau puis de nouveau accordée par la FDA en 1981 dans les aliments solides puis étendue aux boissons gazeuses en 1983. Autorisé en Europe en 1994, il a fait l'objet de multiples évaluations, qui ont conclu, selon l'Anses, à sa sécurité d'emploi et à la fixation d'une dose journalière admissible à 40 mg/kg de poids corporel par jour. « Il est stupéfiant que l'EFSA continue de repousser pour la 3ème fois une étude de cancérogénicité positive, mais ne remette pas en cause sa DJA fondée sur 2 études datant de 1973 et 1974 qui n'ont JAMAIS été publiées. Le RES demande que toutes les études soient évaluées avec la même grille d'analyse », a déclaré le RES. L'étude portant sur le potentiel carcinogène chez la souris (Soffritti et al., 2010 (1)) et l'étude épidémiologique examinant l'association entre la consommation de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels et le risque accru d'accouchement prématuré (Halldorsson et al., 2010 (2)) – ne justifient pas pour l'Agence européenne une révision des évaluations précédentes de l'aspartame ou d'autres édulcorants actuellement autorisés dans l'Union européenne.


Faut-il lancer de nouvelles études ? Les 1er et 2 mars 2011, les membres du groupe scientifique sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutés aux aliments pourraient néanmoins envisager des études additionnelles, comme l'avait suggéré l'Anses en février dernier. L'Agence européenne précise aussi qu'elle continuera de suivre attentivement les publications scientifiques.

Pas assez de preuves scientifiques ? Globalement, l'EFSA a conclu que les résultats présentés dans l'étude (1) ne fournissent pas suffisamment de preuves scientifiques qui justifieraient de revoir les évaluations précédentes relatives à l'aspartame qui concluaient à l'absence de potentiel génotoxique et carcinogène de l'aspartame. Quant à l'étude (2), l'EFSA a conclu qu'aucune preuve disponible dans l'étude ne permettait d'affirmer qu'il existait un lien de causalité entre la consommation de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels et l'accouchement prématuré. Les 2 agences recommandent donc que les prochaines études se penchent également sur d'autres facteurs de confusion importants tels que l'exposition à d'autres substances du régime alimentaire qui pourraient avoir un effet sur la grossesse.
« L'EFSA confirme une fois encore ses déficiences du point de vue de la déontologie de l'expertise », conclut le RES.