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AUTISME: Et si les personnes autistes étaient bien plus douées?

Actualité publiée il y a 7 années 11 mois 2 semaines
Nature

Les personnes autistes sont supérieures dans de multiples domaines, explique ce retour de pratique clinique et d’études publié dans l’édition spéciale du 2 novembre de la revue Nature consacrée à l’autisme et intitulée « The Autism Enigma ». Et les scientifiques devraient cesser de centrer leurs travaux sur les déficits des personnes autistes, explique l’article publié par le professeur Laurent Mottron, du Centre d'excellence en troubles envahissants du développement de l'Université de Montréal alors que le psychologue de l'Université de Cambridge conclut à des capacités supérieures des personnes autistes, dans les domaines des sciences et techniques.

Nous devrions cesser d'assimiler la structure cérébrale des personnes atteintes d'autisme à une déficience, explique le chercheur. Nombre de personnes autistes - pas uniquement les « savants » - possèdent en effet des qualités et des habiletés qui pourraient surpasser celles de personnes non autistes. L'équipe de recherche du professeur Mottron a fermement identifié ces habiletés et, parfois, les supériorités des personnes autistes dans de multiples activités cognitives, notamment dans la perception et le raisonnement, les sciences et les techniques. Selon ces scientifiques, l'erreur d'interprétation de ces capacités bien particulières serait liée à l'utilisation de tests et de méthodologies inappropriés.


Le concept du normocentrisme : Ce concept préjuge du fait que ce que fait ou est une personne autiste est, par principe, anormal, explique le professeur. Si cette manière de voir l'autisme reste bien utile pour la recherche de fonds et l'attribution de subventions, elle n'est pas recevable. Mais le Pr. Mottron précise : « Bien que le financement soit important pour faire progresser notre compréhension de la condition, il est exceptionnel que qu'il soit utilisé pour travailler vers des objectifs identifiés par la collectivité autiste elle-même. Dans son article, Laurent Mottron stipule ainsi que la science devrait redonner aux personnes autistes leur place au sein de la communauté des hommes. Il approfondit les habiletés spécifiques de certaines personnes autistes, les illustrant d'exemples concrets tirés de son expérience clinique.

Et si les grands scientifiques ou techniciens étaient autistes? C'est la théorie du psychologue Simon Baron-Cohen (Photo ci-contre) de l'Université de Cambridge, construite au cours de ces 15 dernières années. Pour le psychologue, les parents d'enfants autistes, et les enfants eux-mêmes, ont une aptitude à comprendre et analyser prévisible, fondée sur des systèmes adaptés à des tâches techniques. Cette aptitude particulière, combinée avec un certain nombre de gènes pourrait favoriser le développement de l'autisme. Une hypothèse confirmée par les expériences de certains cliniciens. «Je vois des geeks sérieux de toutes sortes», explique Bryna Siegel, un psychologue clinicien, directeur de la clinique de l'autisme à l'Université de Californie (San Francisco), décrivant ainsi les parents d'enfants atteints d'autisme. "Ces parents montrent peu de « compréhension sociale » ».

Des capacités bien particulières : Le même Simon Baron-Cohen constate que les enfants autistes sont fréquemment attirés par les machines, les chiffres, les calendriers ou les fichiers. Ils se montrent capables de mémoriser des spécifications techniques ou de comprendre les circuits électriques de la maison… L'enfant atteint d'autisme, selon le psychologue, théorise et son cerveau montre une capacité moyenne ou supérieure à comprendre des systèmes complexes. En revanche, il montre une incapacité à faire preuve d'empathie ou de comprendre les intentions des autres et les sentiments. Plusieurs études confirment sa théorie. Dans une étude de 2003, le psychologue constate que les personnes atteintes d'autisme atteignent d'excellents scores sur le «quotient de systématisation», sur la base d'un questionnaire qu'il a conçu. Dans une enquête sur des étudiants de premier cycle de l'Université de Cambridge, il constate aussi que les étudiants en mathématiques sont plus susceptibles d'être diagnostiqués avec l'autisme que les étudiants de médecine, par exemple ou en sciences humaines et sociales. Et, en utilisant un autre questionnaire appelé « quotient d'autisme », il constate que les étudiants en sciences et en mathématiques obtiennent des scores plus élevés sur les mesures de traits autistiques que les élèves en sciences humaines et sociales. Baron-Cohen explique que bien que ces études ne mesurent pas la capacité de systématiser directement, elles démontrent que la systématisation est un trait de l'autisme.

Tel père, tel fils? Le psychologue Baron-Cohen suggère, lui aussi que cette capacité de systématisation peut être héréditaire et que dans des enclaves comme la Silicon Valley, où les « hypersystemizers » sont plus « »concentrés », et ont des enfants, il existe une plus grande incidence de l'autisme. Il conclut en 1997, que les pères d'enfants atteints d'autisme sont deux fois plus susceptibles d'être ingénieurs que les pères d'enfants non-autistes. Mais d'autres chercheurs de l'Université de Bristol, font remarquer après avoir analysé les mêmes données, que les pères d'enfants autistes sont aussi plus susceptibles de travailler dans la médecine, la science et de la comptabilité, ou l'ingénierie, et moins susceptibles d'opter pour des professions manuelles. Ils suggèrent seulement que ces pères sont simplement plus susceptibles d'atteindre un niveau d'éducation supérieur. Une analyse récente (2010) menée sur les diagnostics d'autisme en Californie constate que des clusters de cas d'autisme ont tendance à se produire dans les zones où les parents sont plus âgés et plus instruits. Mais objectent encore d'autres chercheurs, les personnes à haut niveau d'éducation ont tendance à avoir des enfants plus tard dans la vie, et certaines données suggèrent aussi que les parents plus âgés sont plus à risque d'avoir des enfants atteints d'autisme.

Et si l'on partait des traits de la population générale? «L'échelle de réactivité sociale» est un autre questionnaire, développé par M. Constantin pour évaluer l'autisme sur la base de traits présents en population générale. Ce sera, explique-t-il le préalable à une vaste étude qui devra déterminer si avoir deux parents présentant des traits du TSA est plus fréquent chez les personnes atteintes d'autisme qu'en population générale.

Mais à ce stade des recherches, une surcapacité technique et de systémisation semble avoir été adoptée comme un trait dominant de l'autisme.

Source: Nature 479,33–35(03 November 2011)doi:10.1038/479033a “Changing perceptions: The power of autism” Published online 2 November 2011 | Nature479, 25-27 (2011) | doi:10.1038/479025a Scientists and autism: When geeks meet (Visuel photo Science)

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