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CANCERS de l'ENFANT: Le virus qui cible, infecte et détruit les tumeurs

Actualité publiée il y a 8 années 1 mois 2 semaines
Journal of Virology

On les appelle les virus oncolytiques, ces virus qui “repèrent” puis infectent uniquement les cellules cancéreuses, sans “toucher” aux cellules saines et qui pourraient très prochainement devenir de redoutables armes anti-cancer. Ces chercheurs de Yale sont sur la piste d'un virus de la même famille que le virus de la rage pour combattre une forme de cancer, le sarcome des tissus mous, qui touche surtout les enfants et les jeunes adultes. Des conclusions publiées dans l’édition de septembre du Journal of Virology.

Les sarcomes des tissus mous sont des cancers qui se développent dans les tissus qui relient, soutiennent ou entourent d'autres structures et organes du corps. Muscles, tendons, fibres, graisse, vaisseaux sanguins, nerfs et les tissus synoviaux sont différents types de tissus mous. Relativement rares chez les adultes, ce type de cancer représente environ 15% des cancers de l'enfant et entraîner le décès chez environ un tiers des patients dans les 5 années qui suivent le diagnostic.


Le virus de la stomatite vésiculeuse (VSV) est un rhabdovirus et appartient donc à la même famille que le virus de la rage. Ce virus provoque une maladie similaire à la fièvre aphteuse chez les bovins. Des recherches récentes ont découvert que ce virus est lui aussi oncolytique, qu'il “cherche” et détruit les tumeurs cancéreuses. Des études antérieures ont déjà montré, sur l'animal, que VSV est prometteur dans le traitement des tumeurs cérébrales.

Les chercheurs ont donc étudié le potentiel du virus VSV et d'une version améliorée (VSV-rp30a) pour cibler et supprimer les tumeurs de 13 sarcomes différents. Les deux virus ont bien ciblé, infecté et détruit 12 des sarcomes. La résistance d'un sarcome a finalement été vaincue par un traitement préalable. Les chercheurs ont vérifié la capacité de VSV-rp30a à infecter et à stopper la croissance tumorale chez la souris. "Une seule injection intraveineuse de VSV-rp30a a stoppé la croissance des tumeurs qui, autrement, auraient été multipliées par 11”, expliquent les chercheurs. "Globalement, nous constatons que l'efficacité de VSV comme agent oncolytique s'étend aux tumeurs mésodermiques non-hématologiques et qu'une résistance exceptionnelle au virus VSV peut être surmontée avec des agents “atténuateurs” de l'interféron."

D'autres recherches sur les virus oncolytiques sont en cours et il serait possible d'en fabriquer de nouveaux en modifiant des virus existants pour qu'ils acquièrent les qualités nécessaires. Certains de ces virus peuvent non seulement détruire les cellules tumorales mais aussi activer les cellules du système immunitaire du patient pour qu'elles s'attaquent elles aussi à la tumeur.

Journal of Virology. 85:9346-9358 “Vesicular stomatitis virus has extensive oncolytic activity against human sarcomas: Rare resistance is overcome by blocking interferon pathways” (Vignette Virus oncolytique-ARC, visuel Cancétopole du Grand-Est “le parvovirus H1, non pathogène chez l'adulte sain, infecte sélectivement les cellules cancéreuses”)

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