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Carence en oméga-3, risque de DÉPRESSION

Actualité publiée il y a 10 années 8 mois 2 semaines
Nature Neuroscience

C’est une étude de chercheurs de l’Inserm et de l’Inra qui confirme qu’une carence en acides gras oméga-3 est impliquée dans de nombreux troubles de l’humeur et l’impact d’une carence maternelle sur sa descendance. Ces résultats, qui fournissent les premiers éléments biologiques d'une explication de la corrélation observée entre carence en oméga-3 et troubles de l'humeur, comme la dépression, sont publiés dans l’édition en ligne du 30 janvier de la revue Nature Neuroscience.

Les chercheurs de l'Inserm et l'Inra ont mené leur étude sur des souris nourries avec un régime alimentaire faible en acides gras oméga-3. Ils confirment que des niveaux réduits d'acides gras oméga-3 ont des conséquences néfastes sur les fonctions synaptiques et les comportements émotionnels.


Dans nos pays industrialisés, les régimes ont été appauvris en acides gras essentiels, depuis le début du 20e siècle. Le ratio alimentaire des oméga-6 et des oméga-3 a augmenté continuellement au cours du 20e siècle. Ces acides gras sont des lipides «essentiels», car indispensables pour maintenir les fonctions cérébrales optimales et car le corps ne peut les synthétiser par lui-même. Ils doivent donc être fournis par l'alimentation.

Les chercheurs ont pris comme hypothèse de travail que la malnutrition chronique au cours du développement intra-utérin, peut influer sur l'activité synaptique impliquée plus tard dans comportement émotionnel (dépression, anxiété) de la descendance, à l'âge adulte. Pour vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont étudié des souris nourries de manière déséquilibrée en acides gras oméga-3 et oméga-6. Ils ont constaté qu'un déficit en oméga-3 perturbe la communication neuronale. Les récepteurs aux cannabinoïdes, qui jouent un rôle stratégique dans la neurotransmission, s'arrêtent totalement de fonctionner.

Ce dysfonctionnement neuronal est accompagné de comportements dépressifs chez les souris souffrant de carence en omega-3 : les effets habituels produits par l'activation des récepteurs cannabinoïdes, tant au niveau synaptique que du comportement, ne se produisent plus. Ainsi, les récepteurs CB1R perdent leur activité synaptique et l'effet antioxydant des cannabinoïdes disparaît et la plasticité synaptique est perturbée dans au moins deux structures associées à la satisfaction, la motivation et la régulation émotionnelle : le cortex préfrontal et le noyau accumbens.

«Des résultats qui corroborent les précédentes études cliniques et épidémiologiques qui ont montré des associations entre un déséquilibre oméga-3/oméga-6 et troubles de l'humeur», expliquent les chercheurs. "Pour déterminer si la carence en oméga-3 est responsable de ces troubles neuropsychiatriques, des études complémentaires sont nécessaires".