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COMPORTEMENT spontané ou calculé? Comment notre cerveau fait-il la différence?

Actualité publiée il y a 11 années 2 mois 4 jours
Frontiers in Psychology - Max Planck Institute

Mais comment notre cerveau reconnaît-il les improvisations? Comment sait-il si le comportement de l’autre est calculé ou s’il est spontané? C’est un peu comme si un pianiste joue une mélodie, comment fait le cerveau de l'auditeur pour reconnaître si la mélodie est improvisée ou mémorisée? Ces chercheurs de l'Institut Max Planck Institute for Human Cognitive and Brain Sciences (Leipzig) ont donc mené leur étude sur des musiciens de jazz afin de déterminer quelles sont les zones du cerveau sensibles aux caractéristiques d’une improvisation et, en fait, quels sont nos mécanismes cérébraux “d’habileté sociale”. Une recherche publiée dans la revue Frontiers in Psychology.

Parmi ces zones, l'amygdale et un réseau de zones déjà connues pour être impliquées dans la simulation mentale du comportement. En outre, la capacité à identifier correctement une improvisation ne s'avère pas seulement liée à l'expérience musicale de l'auditeur, mais aussi à sa capacité à partager le point de vue de l'autre.


La possibilité de reconnaître spontanément une action planifiée ou sponanée dans le comportement de l'autre est important, même dans des situations quotidiennes, pour comprendre son intention. En particulier, lorsqu'il s'agit de juger si le comportement de quelqu'un est calculé et destiné à vous tromper. Afin d'examiner ces mécanismes de base de l'habileté sociale, Peter Keller, chef du groupe de recherche "Musique Cognition et action» à l'Institut Max Planck a mené son étude sur des musiciens jouant en solo, en duo ou dans de grands orchestres. Le groupe a étudié l'activité cérébrale de musiciens de jazz alors que ces musiciens écoutaient de courts extraits de mélodies improvisées ou répétées. Les auditeurs devaient décider si la mélodie était improvisée ou mémorisée.

L'amygdale, une partie du système limbique, se montre plus active pendant l'écoute d'improvisations et plus sensible aux fluctuations du volume et aux cycles dans les mélodies. Ainsi, l'amygdale semble être impliquée dans la détection du comportement spontané, ce qui est cohérent avec les études montrant son implication lorsque les stimuli sont difficiles à prévoir, nouveaux ou ambigus. Une activité plus intense est constatée également dans un réseau constitué de l'opercule frontal, la zone du milieu et l'insula antérieure, un réseau déjà connu pour être impliqué dans la simulation.

Une autre observation des chercheurs est l'importance de l'empathie pour juger de la spontanéité. Les musiciens de jazz à expérience musicale avec d'autres musiciens étaient les plus à même à reconnaître si une mélodie improvisée ou non.