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Dysfonction ÉRECTILE: De la petite pilule bleue à la thérapie génique

Actualité publiée il y a 5 années 10 mois 21 heures
Angewandte Chemie

Certains hommes optent pour la petite pilule bleue ou Viagra® (sildénafil), d’autres vont rectifier certains facteurs de mode de vie pour retrouver naturellement une fonction sexuelle normale. Cette équipe suisse propose une troisième alternative, une thérapie génique qui, selon ces résultats présentés dans la revue Angewandte Chemie, permet de déclencher des érections fiables. Mais sous lumière bleue...

La dysfonction érectile (ou impuissance), définie par l'OMS comme « l'incapacité persistante ou répétée d'obtenir et/ou de maintenir une érection suffisante pour permettre une activité sexuelle satisfaisante », touche environ 4% des hommes à la cinquantaine, près de 17% à la soixantaine et son incidence atteint 47% après 75 ans, mais seuls 20 à 25% des hommes concernés consultent et seuls 4 % des hommes concernés se font traiter. Car la dysfonction érectile reste un sujet tabou chez les hommes. Ses principales causes comprennent les maladies cardiovasculaires, le diabète, le déséquilibre hormonal, la maladie neurologique et les effets secondaires de certains médicaments.


Après la petite pilule bleue, la petite lumière bleue, titrent les auteurs du Swiss Federal Institute of Technology in Zurich (ETHZ), dans un communiqué. Car le principe de leur thérapie repose sur un gène, injecté dans le tissu érectile du pénis et qui réagit à la lumière bleue. Exposé à la lumière, GTP (ou guanosine triphosphate) est converti en un messager secondaire, la guanosine monophosphate cyclique (GMPc) qui existe naturellement dans un certain nombre d'organes humains et qui va déclencher une cascade de réactions : Fermer certains canaux calciques donc réduire les niveaux de calcium dans les cellules, donc détendre les cellules musculaires et augmenter le flux sanguin vers le tissu érectile. Et si le pénis devient rigide. Une autre enzyme intervient alors qui va décomposer lentement GMPc de manière à « résorber » progressivement l'érection.

C'est la lumière bleue qui déclenche l'érection ! Dans ce processus en effet, l'érection n'est pas déclenchée par une excitation sexuelle, mais par l'exposition du tissu érectile de la lumière bleue. La thérapie cherche ainsi à « contourner la stimulation sexuelle et sa propre cascade de signaux biologiques », expliquent les chercheurs.

Testé chez la souris, cette nouvelle thérapie génique donne de bons résultats. Dans la plupart des cas, la lumière bleue agit tel un interrupteur qui « allume » l'érection. Alors que le processus est très similaire chez tous les mammifères, la thérapie pourrait bien fonctionner également chez l'homme.

Quels effets secondaires ? Injection + lumière bleue, restent deux contraintes de taille. Cependant, l'injection ne devrait pas être un obstacle pour les utilisateurs, répondent les chercheurs, alors que les injections dans le tissu érectile sont déjà une technique de traitement standard pour la dysfonction érectile. De plus, le tissu érectile est indépendant, en grande partie, de la circulation sanguine, ce qui réduit la propagation du traitement à d'autres parties du corps. Enfin, GMPc se décompose relativement rapidement. Cependant, alors que l'équipe travaille depuis 4 ans sur cette thérapie, les essais chez l'homme n'ont pas encore effectués, pour des raisons de coûts principalement, concluent les auteurs, à la recherche de financement.

Source: Angewandte Chemie 18 MAR 2015 DOI: 10.1002/anie.201412204 A Synthetic Erectile Optogenetic Stimulator Enabling Blue-Light-Inducible Penile Erection (Visuel@ M. Fussenegger/ETH Zurich)

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