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DYSLEXIE: Les données sont là, mais le cerveau n'a pas la connexion

Actualité publiée il y a 5 années 4 jours 18 heures
Science

Sa cause, débattue depuis des décennies, vient d’être établie. La dyslexie serait liée à une connectivité réduite dans les régions cérébrales du langage et non à une incapacité du cerveau à traiter les données et les représentations sonores, selon cette étude de l’Université de Louvain, publiée dans l’édition du 6 décembre de la revue science. Car les données sont bien enregistrées, mais les différentes zones du cerveau ne parviennent pas à se connecter.

La dyslexie est définie comme un trouble de l'apprentissage de la lecture, lié à une difficulté à identifier les lettres, les syllabes ou les mots et à manipuler les sons de la parole. Sa prévalence est estimée à 5%. Pendant longtemps, on pensait que les informations phoniques stockées dans le cerveau étaient dégradées, en raison d'un dysfonctionnement du processus d'enregistrement intervenu au cours du développement. Cette étude montre que ces données sont bien là, intactes, stockées dans le cerveau.


Ces chercheurs belges ont comparé, à l'aide de plusieurs technologies en neuro-imagerie, les cerveaux de 23 adultes dyslexiques et de 22 témoins sains, lors de l'écoute de sons, pour comprendre si les déficits des personnes dyslexiques sont causés par une mauvaise qualité des représentations phonétiques ou par des difficultés d'accès à des représentations phonétiques intactes.

Un accès déficient : Les chercheurs constatent que ces données phoniques, hébergées dans les cortex auditifs primaire et secondaire sont bien intactes, mais que c'est l'accès à ces données qui est trop lent en raison d'une connectivité réduite. La connectivité fonctionnelle et structurelle entre les cortex auditifs bilatéraux et le gyrus frontal inférieur gauche, une région impliquée dans le traitement des sons s'avère fortement déficiente chez les dyslexiques, les privant d'accéder normalement à ces représentations pourtant intactes. Une seconde analyse de 13 régions cérébrales impliquées dans le traitement du langage confirme une connectivité diminuée de manière significative entre certaines de ces zones.

Cette connectivité limitée devra désormais être prise en compte dans le développement d'interventions adaptées aux personnes souffrant de dyslexie : Ces interventions devront cibler l'amélioration de la connexion entre les régions « linguistiques » frontales et temporales, explique Bart Boets, psychologue clinicien et chercheur à l'université de Louvain. Le chercheur ajoute qu'il devrait être possible de stimuler deux régions du cerveau en même temps et renforcer ainsi la connexion de l'une à l'autre. Cependant d'autres études doivent venir encore confirmer cette découverte, chez les enfants en particulier.

Source: Science 6 December 2013 DOI: 10.1126/science.1244333 Intact But Less Accessible Phonetic Representations in Adults with Dyslexia (Visuel © Brebca - Fotolia.com)

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