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ÉTUDES sur l'ANIMAL: Et si le chercheur était une femme?

Actualité publiée il y a 5 années 3 mois 3 semaines
Nature Methods

Les femmes ont souvent peur des souris mais elles les « stressent » moins que les hommes, une constatation qui peut sembler sans grande importance, et pourtant. En cas d’étude de laboratoire sur des souris, le sexe des chercheurs pourrait, si l’on en croit ses conclusions, influer sur les résultats. Car cette étude internationale montre également que le stress ressenti par l’animal à la proximité d’un homme ou de son odeur, modifie aussi les symptômes et le comportement de l’animal en cas de douleur. Conclusions dans la revue Nature Methods qui jettent un gros doute sur des décennies de recherche.

Les chercheurs des Universités McGill et de Montréal, de l'University of Alabama, du Karolinska Institute (Stockholm) et de Harvard concluent ainsi que la présence de chercheurs de sexe masculin influence le comportement des rongeurs et remettent ainsi en question la validité de nombreuses études menées sur l'animal, en particulier celles qui portent sur le stress.


Leur étude a évalué en laboratoire la réponse de souris et de rats à la douleur dans différentes conditions, en leur injectant une solution qui induit la douleur et l'inflammation. Après les injections, les souris ont été soit laissées dans une pièce vide soit à proximité d'un chercheur, homme ou femme, assis à environ 50 cm de la cage.

Si l'on en croit le Mouse Grimace Score : Les manifestations de douleur ont été enregistrées et évaluées en utilisant une technique appelée Mouse Grimace Score (MGS), une sorte d'échelle d'évaluation de la douleur, chez la souris. Les taux de corticostéroïdes, une hormone connue pour augmenter en réponse au stress ont également été mesurés. Au total, différents scenarii ont été testés sur plus de 600 souris.

Les hommes font moins souffrir : L'étude constate que les souris semblent moins souffrir en cas de proximité d'un homme, d'un vêtement récemment porté par un homme ou encore d'une litière d'animaux mâles. Les niveaux d'une hormone de stress augmentent également de manière significative lorsque « l'odeur du mâle » est proche. La réduction de la douleur est évaluée à 36% et semble durer entre une demi-heure et une heure environ. Les seuils de douleur semblent également rehaussés avec la présence d'un mâle. Tout cela ne se produit pas avec l'odeur des femmes ou des femelles.

Le sexe du chercheur ? Un vrai facteur de confusion! Les chercheurs suggèrent que les souris pourraient consciemment vouloir masquer leur douleur quand elles sentent la présence d'un mâle, ou encore bénéficier d'une analgésie induite par le stress, les signaux de douleur issus de la moelle épinière étant bloqués par le stress.

Pour les auteurs, le sexe du chercheur peut donc influer sur les tests de comportement sur l'animal.

C'est donc un facteur de confusion dont il faudrait tenir compte à l'avenir.

Source: Nature Medicines April 28 2014 doi:10.1038/nmeth.2935 Olfactory exposure to males, including men, causes stress and related analgesia in rodents

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